Le silence politique de la banderole raciste
14d 6h ago by piefed.ca/u/ZombieCyborgFromOuterSpace in quebec@lemmy.ca from www.ledevoir.com
En effet, la détérioration des conditions matérielles de vie des Québécois est palpable : la crise du logement qui impose à 20 % des Québécois de donner la moitié de leur salaire en loyer, l’inflation galopante qui pousse un tiers des ménages à s’endetter pour manger, ou encore le sous-investissement massif qui a conduit au piètre bilan de 38 % des hôpitaux québécois jugés par le gouvernement comme en mauvais ou très mauvais état. Ce constat entraîne inévitablement un sentiment de déclassement.
Toutefois, la misère ne fabrique pas automatiquement des racistes — elle fabrique de la colère. Et ce sont des entrepreneurs de la haine qui lui donnent une cible, en l’absence de tout récit alternatif crédible porté par des politiques humanistes de justice sociale sur les causes réelles de l’appauvrissement collectif.
Le suprémacisme blanc répond à cette colère avec une explication horizontale — c’est la faute aux immigrants, aux étrangers, aux non-Blancs, parce qu’ils volent nos emplois, reçoivent nos aides sociales, veulent nous « grand-remplacer » —, tout en occultant l’explication verticale : les élites économiques qui nous dominent afin de mieux accaparer le fruit de notre travail collectif dans le seul but d’accumuler du capital à leur profit. Ce suprémacisme blanc est une aubaine pour nos élites, puisqu’il remplit une fonction de division de la société, indépendamment de toute intention, là où la crise devrait produire une solidarité de classe.
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