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Une IA vient de faire une découverte mathématique majeure (et personne n'en parle)

10d 5h ago by tarte.nuage-libre.fr/u/keepthepace in france@jlai.lu from www.youtube.com

Comme d'habitude, Mr Phi a bien fouillé les articles sur le sujet et donne un état de l'art sur les preuves mathématiques par des LLMs

Ouais sinon on arrête les LLM de merde et on réaffecte 1% des couts de l'IA dans la recherche et on obtient des résultats fiables et une humanité qui n'empire pas, et avec une planète qui ne part pas en combustion spontanée dans les 6 mois.

Sinon, tu as aussi le droit de regarder une vidéo avec de nombreux mathématiciens, y compris Medaille Fields, qui disent que c'est une avancée majeure et que non seulement la preuve est correcte, mais qu'elle est en plus élégante et originale..

Oui, ça change les capacités intellectuelles qui sont utiles pour les humains. Et il se trouve que le mec qui fait cette vidéo, l'angle qui l'intéresse le plus, c'est la philosophie. Et que ça, il en parle. Et il parle des pistes que les mathématiciens, justement, posent eux-mêmes sur leur propre discipline.

Arrêter les modèle de merde ça inclut pas arrêter les modèles de recherche. Mais ça inclus les llm de surveillance heureusement

Mais enfin, vous n'y pensez pas !!
-- C'est impossible !!

Si si c'est tout à fait possible, il suffit de sortir du capitalisme et de mettre d'accord la Chine et les US, et accessoirement la France, sur le fait que ce qui semble effectivement être la plus grosse avancée d'ingénierie depuis l'invention de l'informatique est en fait quelque chose qu'on doit arrêter juste parce que quelques personnes se sentent inconfortables d'une façon qu'ils n'arrivent même pas à formaliser.

Ah oui, le changement climatique et la destruction de la planète c'est inconfortable.

Je pensais pas voir des AI-bros ici

Je pense pas que l'ambiance soit giga AI bro ici, c'est plus un mix entre "l'usage de l'IA pour tout et n'importe quoi a un impact social et écologique énorme" et "il faut bien admettre que dans certains domaines l'IA semble permettre des découvertes"

Cette vidéo penche plus du deuxième côté, mais je pense que tout le monde a bien conscience des conséquences négatives de l'IA.

Franchement, quantifiez l'impact écologique de l'IA avant de le dire "énorme".

Il y a énormément d'activités humaines qui ont un impact nul, voire négatif, qui ont un impact écologique bien plus grand.

Quant à l'impact social, oui, il me paraît clair qu'il est énorme, il est gigantesque. Par contre, il ne m'apparaît pas évident qu'il soit négatif à long terme. Si on sort enfin de la tyrannie du travail et de l'obligation de travailler pour avoir droit à la survie, ce sera la plus grande avancée sociale de notre vivant.

Ouais, j'ai hésité à mettre impact énorme "dans les années qui viennent".

C'est sûr que d'un côté, l'impact écologique réel de l'IA est discutable, c'est impossible de s'y retrouver. Il y a des exagérations dans les deux sens : oui, ça ne consomme pas tant que ça comparé à d'autres secteurs, mais ça be génère pas 0 émissions contrairement à ce qui a pu être sous-entendu. Entre les impacts de construction de datacenters et l'apports d'électricité produite par des sources fossiles (sachant que même les sources decarbonées ont un coût écologique à leur construction, qui est infime une fois étalé sur leur production mais qui existe), il y a forcément un impact à considérer, même s'il est relativisé.

Les apports de l'impact social, on verra bien, j'aimerais être aussi positif que toi. Jusqu'ici toutes les révolutions technologiques n'ont pas vraiment réduit la quantité de travail par rapport à une vie humaine, elles ont juste changé l'organisation du travail et la productivité. Peut-être que celle-ci est la bonne, mais je ne veux pas me faire de faux espoirs perso

Moi, je veux bien parler des gains et des coûts. Et je veux bien qu'on regarde le résultat net. Mais je refuse de le faire avec des gens qui ne veulent pas quantifier. La comparaison que je faisais à une époque et qui m'apparaissait assez pertinente, c'est que les gros modèles open source émettaient à peu près en CO2 autant qu'un avion faisant un vol transatlantique. J'utilisais cette base pour dire qu'une conférence internationale sur un sujet de recherche, c'était à peu près le même bilan carbone.

Il y a un certain consensus pour dire que les conférences internationales de recherche, c'est quand même un truc utile. Je pense qu'on peut probablement trouver plus d'avancées dans la recherche liées à des modèles d'IA que dans leur équivalent CO2 en conférences internationales. Je veux dire, rien que Alpha Fold nous fait faire une telle avancée qu'on a un offset pour un petit moment.

Et cette vidéo parle entre autres d'un aspect dont quiconque a fait un petit peu de recherche réalise la portée: Les LLMs aujourd'hui ont une immense culture scientifique dans tous les domaines et sont très bons pour faire de la recherche documentaire dans des domaines très différents. Le boost que ça donne en recherche d'avoir l'équivalent de 5 à 10 personnes qui font ta biblio, Je pense qu'il y a 10 ans, tous les chercheurs en rêvaient.

Jusqu’ici toutes les révolutions technologiques n’ont pas vraiment réduit la quantité de travail par rapport à une vie humaine

Bah quand même, si, et ce graphe ne tient pas compte des années de retraite et d'étude, bien plus nombreuses qu'il y a un siècle.

On notera quand même que toutes les professions qui avaient pour but principal d'utiliser la force musculaire ont disparu. Il y a toujours des gens qui font de la manutention, mais ils le font avec des machines. Et ça démultiplie leurs capacité de transport.

Le progrès technologique, lui, a tenu ses promesses, mais ce qui s'est passé, qui a fait louper le calcul qui nous promettait la fin du travail, c'est qu'on s'est rendu compte que les gens préfèrent avoir beaucoup plus de confort plutôt que de travailler moins. C'est enfin un calcul dont on est un petit peu en train de sortir avec la critique de la société de consommation. Mais aujourd'hui, si tu veux vivre comme quelqu'un de 1880 dans un logis insalubre (selon nos standards) sans eau et sans électricité, ça ne te coûtera pas très cher et tu peux travailler à temps très partiel pour ça.

Ouais, déjà qu'en quantifiant le débat est loin d'être tranché, sans quantifier c'est juste donner son ressenti on est d'accord.

Je ne relève pas particulièrement la comparaison avec les vols internationaux, je ne comprends pas bien si c'est l'usage total, un usage personnel ou l'entraînement du modèle qui correspond à un vol transatlantique. Quoiqu'il en soit, d'accord sur deux points : c'est pire de prendre l'avion, et à peu près autant utile, et on peut trouver des domaines où l'IA est particulièrement utile.

Sur la réduction du temps de travail, oui on est en pente descendante depuis le XIXe siècle, mais à l'échelle de l'histoire de l'humanité globale, c'est pas drastiquement descendu. Certaines révolutions ont contribué à le diminuer (notamment l'usage du pétrole), mais d'autres l'ont fait augmenter (la révolution industrielle et le travail en usine). C'est touchy, ça nécessite de définir le travail (faire ton potager ou ton asso le soir après le boulot, c'est du travail ?), mais à très grande échelle je juge que ça stagne, avec une tendance à l'amélioration récemment.

On notera quand même que toutes les professions qui avaient pour but principal d’utiliser la force musculaire ont disparu.

MDR, je ne peux qu'espérer que c'est une généralisation dont l'excès est assumé, parce que clairement non. Déjà, on va mettre de côté les pays en voie de développement. Mais même dans notre société, je sors de ma journée dans les vignes, j'ai pioché, j'ai ébourgeonné, j'ai cisaillé des branches. Oui, le secteur s'est énormément motorisé, mais y'a toujours de quoi bosser avec tes mains (on est d'ailleurs plus nombreux.ses côté ouvriers viticoles que côté tractoristes). Pour l'anecdote, les machines conduisent à de nouvelles tâches, ou en rendent certaines essentielles : par exemple, les machines à vendanger ne font pas le tri entre grappes et merdes qui traînent dans la vignes, donc c'est essentiel de virer certaines plantes qui résistent aux produits et seraient récoltées en même temps que le raisin, et pour ça on pioche. En vendanges à la main, ce serait pas un problème.

Sur l'équilibre confort / travail, on est plutôt d'accord, même s'il faut quand même souligner que c'est pas uniquement "les gens préfèrent du confort que de travailler moins", c'est "la société a imposé le confort", imposé à la fois au sens de suggérer massivement (société de consommation, pubs, toussa toussa) et au sens d'empêcher ou de complexifier le manque de "confort" (aujourd'hui, vivre sans voiture peut être un handicap majeur selon ta situation, et vivre sans téléphone/ordi idem).

Et dans le même bloc, à nouveau, la comparaison avec le XIXe siècle est légitime, mais ça reste une des pires périodes de l'humanité. Si je veux vivre aujourd'hui comme au Moyen-Âge (matériellement, pas dans l'organisation sociale), bah c'est vachement compliqué en fait. Je vais pas te mentir, perso avoir une vieille bicoque, un potager, et un boulot dans les champs du village, même sans eau courante et sans électricité, ça me chauffe bien, mais je suis bloqué pour l'accès au logement, l'accès au bois, l'accès à l'eau (rivières turbo-polluées, sources contrôlées par la communauté, etc.). Ça me va que les choses soient comme ça, qu'il faille faire avec, mais qu'on ne vienne pas me dire que je choisis tout ça parce que j'aime mon petit confort, j'ai pas eu mon mot à dire, et les masses non plus.

MDR, je ne peux qu’espérer que c’est une généralisation dont l’excès est assumé, parce que clairement non.

Chaque fois, il y a ce malentendu, alors que pourtant, j'essaie de prendre des précautions oratoires. Je ne dis pas que les métiers musculairement fatigants ont disparu. Je dis que les métiers où tu es deux fois productif quand tu es deux fois plus fort, eux, ont disparu. Être capable de porter un sac de 80 kg au lieu d'un sac de 40 kg, ça rendait un docker deux fois plus productif.

Reste quelques déménageurs, reste quelques métiers au niveau de la récolte en effet. Contre ce qu'était la grande majorité des boulots autrefois.

mais à l’échelle de l’histoire de l’humanité globale, c’est pas drastiquement descendu.

Je doute que les esclaves étaient aux 35 heures et partaient à la retraite à 60 ans.

Et dans le même bloc, à nouveau, la comparaison avec le XIXe siècle est légitime, mais ça reste une des pires périodes de l’humanité.

Il y a un mouvement dont je me méfie beaucoup qui est une espèce de romantisation des périodes antérieures sur lesquelles justement on n'a pas de stats. Ça ne coûte rien d'affirmer que les paysans du Moyen-Âge ne travaillaient que deux heures par jour en moyenne. Dans les faits, j'ai de gros doutes.

Pour éviter un malentendu, j'éviterais l'usage du mot "toutes" et "disparu". Parce que même dans ta nouvelle explication, la phrase prise pour son sens immédiat est fausse : les gars deux fois plus costaud que moi sont deux fois plus loin dans les rangées. Ce genre d'effet n'a pas "disparu".

Ceci étant dit, j'ai été très à cran sur l'usage d'une tournure absolue, et je te présente mes excuses pour ça, c'est un déclencheur chez moi. Je reconnais que ton argument tiens même quand on le réduit aux faits : les machines nous rendent plus productifs et rendent le travail moins pénible dans son ensemble. Je pense pas qu'on ait besoin de dire que "tous les métiers musculairement pénibles ont disparu".

Les esclaves étaient certainement pas aux 35 heures, mais c'est pas garanti qu'iels bossaient plus que les ouvriers du XIXe. Ça dépend beaucoup des cas, mais dans l'idée, ton esclave, c'est ta propriété, s'iel crève, c'est ton patrimoine que tu perds, donc tu as intérêt à bien lea traiter et à pas trop lea fatiguer. Tes ouvriers et ouvrières, tu t'en fous, s'iels crèvent, d'autres viendront.

Le risque de romantisation des périodes antérieures est avéré, ceci dit il faut lui adosser le phénomène inverse, ces périodes ont souvent été dépeintes comme des périodes horribles, la vérité est sans doute quelque part entre les deux. Je maintiens qu'à mes yeux, les conditions matérielles de vie se sont détériorées pour l'humanité à deux moments de son histoire au moins : la sédentarisation et la révolution industrielle. A chaque fois, je pense qu'on peut en faire la même analyse à gros traits : ce ne sont pas les bonnes conditions de vie pour toutes et tous qui permettent l'émergence ou le renforcement de pouvoirs, ni l'avantage reproductif d'une partie de la population. En d'autres termes, ce n'est pas nécessairement parce que les gens sont plus heureux qu'iels se reproduisent plus, ni que des structures sociales fortes émergent. A mon sens, les deux fois, il y a eu un gain de productivité qui a impliqué une dégradation des conditions de vie immédiates, mais a permis une amélioration sur le très long terme.

Et comme j'ai précisé, je ne parle pas des structures sociales du Moyen-Âge (donc du nombre d'heures de travail), mais bien du niveau de vie matériel. Si tu y rajoutes les connaissances médicales d'aujourd'hui, je maintiens que c'est clairement un niveau de vie qui m'irait, et que je ne peux pas juste le choisir librement aujourd'hui.

Bien noté, désolé je réponds un petit peu en rafale de façon abrupte à plein de personnes en même temps.

C'est tout à fait possible que le XIXe siècle représente le pic de la proportion de temps vivant travaillé. Mais il faut quand même noter qu'on n'a pas de stats qui permettent de l'affirmer avec certitude. C'est le pic de ce qu'on mesure, mais c'est aussi l'origine de ce qu'on mesure.

Et force est de constater que depuis ce pic, ça diminue.

L'autre chose à constater, c'est que la production, elle, ne baisse pas en quoi que ce soit.

en valeur, en volume. On produit toujours plus en travaillant toujours moins.

Alors il me paraît très clair que les mouvements sociaux ont joué un grand rôle dans la diminution du temps de travail. Mais il me semble également clair que le progrès technologique est la raison pour laquelle cette diminution du temps de travail a été possible sans diminuer la production.

Il y a un jeu à somme nulle entre l'augmentation du salaire horaire et les dividendes qu'on peut extraire du travail des employés. On n'a jamais vraiment réussi à tirer la corde suffisamment pour que la part des dividendes baisse en absolu. Mais on arrive à faire augmenter le salaire horaire. C'est largement les augmentations de productivité liées aux améliorations technologiques qui permettent aux deux quantités d'augmenter simultanément.

Pas de soucis pour le mode de réponse.

Pour les difficultés à mesurer le temps travaillé, elles existent, mais on a quand même des indices. Je crois me souvenir d'une vidéo de NotaBene sur le temps de travail médiéval qui concluait par "c'était sans doute plus que nos 35h, mais pas autant plus que ce qu'on s'imagine". Et je me souviens aussi de reportages sur les sociétés de chasseurs cueilleurs actuelles et disparues qui en déduisaient que le temps de travail était d'entre 30h et 40h, mais qui soulignaient que le travail a des sens différents dans les deux cas. Bref, ça reste des indices vagues, mais mon argument n'a pas besoin de chiffrages précis, il a besoin de tendances.

Sur l'augmentation en production liée au progrès technique, je suis d'accord que ce phénomène existe, je ne cherche pas à le nier, mais à le nuancer. J'estime qu'il s'accompagne d'une évolution, partiellement choisie et imposée, partiellement souhaitable et criticable de ce qu'on considère comme nécessaire et confortable. Je pense qu'une grande partie de la persistance des problèmes sociaux, voire leur intensification, malgré les progrès techniques est due à cette adaptation des demandes. Ça porte un nom comme paradoxe je crois, en gros quand qqch est plus efficace, on en vient pas à l'utiliser moins, mais à s'habituer à le consommer plus. Et ça me paraît tout à fait pertinent d'appliquer ça à l'IA, en plus du fait qu'elle est aux mains d'élites dont les intérêts ne sont pas ceux de l'humanité dans son ensemble, pour alerter sur les risques que les progrès sociaux soient reportés, voire empêchés.

Tout ceci est d'autant plus impactant je pense quand on ne regarde pas uniquement nos sociétés européennes mais le monde dans son ensemble. Oui, le progrès technique permet certains progrès sociaux, mais ça ne veut pas dire que tout progrès technique amène nécessairement, et encore moins immédiatement, du progrès social, encore moins du progrès social massif ou total. Genre les gamins qui meurent dans les mines de métaux, sont exploités dans les usines, pour qu'on puisse avoir cette discussion sur nos appareils numériques, et que l'IA puisse construire ses datacenters, bah c'est quand même un coût social monstre, dans tous les sens du termes.

Ça me paraît crédible que les ouvriers avaient des journées plus chargées que les paysans. Parce qu'après tout, le moteur de l'exode rural, c'était aller chercher du travail en ville, car la campagne n'arrivait pas à absorber toute la main d'oeuvre. Ça peut s'expliquer par justement un travail insuffisant à faire (et donc à se faire payer pour).

Je pense que le nom que tu cherches, c'est le paradoxe du rebond ou le paradoxe de Jevons, qui l'a énoncé en constatant que plus les machines à vapeur devenaient efficaces et produisaient davantage de travail pour la même quantité de charbon, plus on consommait de charbon.

Il faut une formulation assez précise pour considérer qu'il y a un paradoxe. C'est juste logique quand c'est énoncé sous la forme « dès qu'un process devient plus rentable, ce process est plus exploité ».

Ce que les gens qui invoquent ce paradoxe manquent souvent, c'est que ce n'est pas un effet absolu, mais c'est un effet économique. Il faut que l'efficacité économique de quelque chose augmente pour que l'effet de rebond se confirme.

L'effet Jevons peut s'appliquer aux IAs, mais il faut alors admettre que ça veut dire que c'est un process rentable, pas juste un truc inutile qui gâche du temps de calcul sans aucune utilité comme je le lis ailleurs. Si on admet que c'est un process créateur de richesse, on doit alors le comparer à ce qu'il remplace pour évaluer si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Si en consommant 1 kWh tu évites 100 km de trajet à une voiture, c'est carrément rentable.

Et ça me paraît tout à fait pertinent d’appliquer ça à l’IA, en plus du fait qu’elle est aux mains d’élites

Le problème, c'est que ça, ce n'est pas vrai. L'IA n'est pas dans les mains d'élites. Et c'est ça qui me désespère et que je me tue à répéter dans toutes les conversations à ce sujet. Les technos utilisées, elles sont ouvertes, elles sont connues, les architectures sont connues, les architectures sont publiées. Et dans le top 5 des modèles les plus performants, on a généralement des modèles ouverts (ça change littéralement toutes les semaines) que vous pouvez faire tourner sur des machines sans payer un centime de royalties à qui que ce soit et sans demander l'autorisation à qui que ce soit. Vous avez le droit de les améliorer, d'en faire un produit commercial, vous avez le droit de les désosser, vous avez le droit d'enlever la censure chinoise ou les barrières éthiques comme le font plein de chercheurs.

Alors certes, si vous prenez un modèle du top 5, la machine pour faire tourner ça, elle est un petit peu chère. Mais elle n'est pas non plus excessive. C'est de l'ordre de 200 000 dollars. C'est quelque chose qui est à la portée d'énormément d'organisations. Les modèles plus modestes que je fais tourner, qui me permettent de faire contrôler par des non spécialistes des flux d'analyse d'image assez complexes, tourne sur un PC de gamer. Et je parle pas des modèles de vision, que j'entraîne en local rapidement, cette techno étant bien plus mature que les LLMs (la révolution IA, chez les spécialistes, elle a commencé dans le domaine de la vision en 2012 avec AlexNet, le langage naturel a été conquis bien plus tard)

OpenAI, Anthropic, ils ont leur petite sauce secrète qui leur permet de se maintenir en tête du classement pendant 3 à 6 mois, mais ils sont talonnés par les modèles ouverts, parce qu'absolument personne en ce moment n'a envie justement de laisser un tel pouvoir dans les mains d'élites. Et c'est une chose qui me désespère, c'est une des victoires les plus écrasantes, les plus flamboyantes du mouvement open source, de l'idée que la recherche doit être ouverte, de l'idée que les idées sont des patrimoines communs de l'humanité. C'est une victoire super importante, c'est une victoire qui nous épargne des tonnes de dystopies au sujet desquelles la science-fiction nous a tous mis en garde. Et les héros qui mènent cette lutte ne sont absolument pas soutenus par les gens qui vont en bénéficier le plus. Ça me rend fou.

Et vous savez qui finançait les efforts ouverts ? Au début, ça a été Meta. Oui Meta de Facebook.

Ils n'ont pas fait semblant de prétendre que c'était pour des raisons idéologiques ou parce que tout d'un coup ils sont devenus des paragons de vertu. Ils ont simplement expliqué que c'est parce que c'était financièrement logique, que c'était plus efficace, que c'était dans leur intérêt. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais l'open source, c'est techniquement un projet anarcho-communiste(non coercitif et non propriétaire). Et là, vous avez une des plus grosses capitalisations boursières qui dit que, de toute façon, l'open source, c'est logique pour eux. C'est plus efficace. On pourrait célébrer ça à un moment!

Et qui a pris le relais de l'open source/weight (y a un débat sur le bon terme) depuis que Facebook a arrêté ? Le Parti communiste chinois.

Alors, je ne sais pas vous, mais Meta ou le PCC, déjà, c'est un petit peu le grand écart, mais je ne fais confiance à aucun des deux. Je trouverais ça cool quand même qu'il y ait un support un petit peu généralisé pour que cette recherche puisse continuer sur des bases un petit peu plus sereines, notament en France.

Mais quand on propose d'aider Mistral ou des modèles de recherche, c'est accueilli comme une proposition d'ouvrir un portail démonique au milieu d'une école maternelle.

respire respire

Pardon je vais prendre mes pillules roses

Sur la nécessaire rentabilité des IA pour générer un effet de rebond : effectivement, mais c'est pas moi qui le dit que les IA vont être rentables (ce qui est impliqué par le fait qu'elle soient un progrès social), c'est toi. Je dis justement que même en cas de rentabilité, l'effet de rebond peut empêcher ou retarder le progrès social.

Sur les projets ouverts : Je trouve qu'il y a pas mal d'oeillères ou de mauvaise foi dans ce passage, en tout cas de ce que j'en interprète.

Trois points à te concéder avant de posee mes critiques : oui, on ne parle pas assez de la qualité des modèles ouverts. Oui, idéalement il faudrait financer des modèles alternatifs. Et oui, l'open source utilisé par les big tech, c'est une victoire (mais on a pas attendu l'IA pour ça, on a d'autres exemples, donc je trouve ça juste mais hors-jeu).

Premier point : il y a une différence entre ouvert et accessible. Les technologies pour faire des navigateurs sont ouvertes, et pourtant on reste bloqués avec des chromium-like, des Firefox-like et des Webview-like. Les autres options sont incroyablement loin derrière, et du coup quand Firefox fait de la merde, nos seules options sont des demies mesures genre Librefox, ou de changer de famille et d'avoir d'autres défauts. Pourquoi ? Parce que c'est complexe ses grands-morts. Techniquement, on a les connaissances pour construire nos propres voitures, nos propres téléphones. Mais qui fait ça ? C'est sûr qu'héberger des IA locales, c'est plus facile, mais tu l'as dit toi-même, les plus puissantes, càd précisément celles qui pourraient amener un changement social drastique, c' est compliqué, pour être gentil. Donc à mes yeux, quelque chose peut être à la fois ouvert et aux mains des élites, ce n'est pas mutuellement exclusif (tu as raison de rappeller qu'on peut concevoir un univers où ce n'est pas le cas, mais pour l'instant ce n'est pas le nôtre).

Deuxième point : je trouve quand même carrément abusé de venir dire "nan mais les IA ne sont pas au mains des élites", pour ensuite dire "j'aimerais bien une alternative à Meta et au PCC", et que l'alternative en question c'est Mistral. Genre, c'est pas aux mains des élites, mais c'est chiant que y'ait que des élites qui le financent, et si on finançait cette version privée détenue par un milliardaire ? Même des modèles de recherche, si ça passe par des universités et surtout si ça a besoin de gros financement, dans une société où les élites contrôlent les financement, bah c'est aux mains des élites (c'est sûr que je préfère les élites académiques, loin très loin devant les élites politiques, loin devant les élites économiques, mais c'est marrant à quel point le contrôle sur l'IA et surtout ses financement est inversement proportionnel à ma liste).

Honnêtement, je comprends qu'on puisse se passionner par les IA, et être frustré par tous les aspects positifs masqués par la vague anti-IA, qui est souvent bas du front. Désolé de te plonger dans une opposition si frustrante. Mais tous les arguments jusqu'ici, loin de me convaincre, me font dire que les anti-IA ont vraiment de bonnes raisons, derrière le discours "AI baaaad".

Bon, déjà, merci pour une critique plus posée que ce que je reçois dans les autres commentaires.

Je dis justement que même en cas de rentabilité, l’effet de rebond peut empêcher ou retarder le progrès social.

Je ne vois pas trop la logique là. Si ça a un effet positif, le fait qu'il y ait un rebond devrait causer au contraire un changement plus rapide et un basculement au lieu d'une évolution (ce qui est une des thèse en la matière ceci dit).

Premier point (ouvert et accessible)

Sur le premier point, tu as complètement raison, ce n'est pas parce que c'est ouvert que c'est accessible. Les technologies, elles sont difficiles et ce n'est pas à cause de barrières artificielles, politiques ou capitalistes, c'est juste en effet difficile. Tout est disponible sur Internet, si tu veux t'y mettre, tu peux, mais ça prend des mois, voire des années de suffisamment se plonger dedans pour comprendre comment modifier les choses.

C'est pour ça qu'il y a un vrai enjeu à l'appropriation des technologies, à une vraie discussion à avoir sur comment pouvoir les utiliser, les réutiliser. J'ai l'impression que le rejet des technologies, c'est un rejet de cette complexité, un peu de la façon que plein de pseudomédecines ont pour moteur le refus de comprendre les modèles beaucoup plus complexes de la médecine moderne. Mais si on refuse de s'approprier ces technologies, on les laisse aux autres. Et ça, pour moi, ce n'est pas une option. C'est un acte de résistance fort, important et politique de garder le contrôle de ces technologies.

Mais qui fait ça ?

les Fab Labs, les Hackerspace, nous autres, les "tech-bros-solutionnistes". On se fait traiter de tous les noms parce qu'on explique que ces technologies, elles sont là à ramasser pour quiconque veut s'en emparer. Et qu'il y a différents niveaux de packaging qui s'adressent à différents niveaux d'implication. Alors, plus c'est facile à utiliser, plus c'est imparfait, plus ça va utiliser des briques propriétaires, plus ça va utiliser des parties problématiques. Mais tu as tout un spectre de possibilités qui sont là. Et quand tu te penches sur les détails, tu découvres à quel point les LLM démultiplient l'accessibilité de plein de technologies.

La semaine prochaine, d'ailleurs, le thème de notre réunion au Fab Lab, c'est que je vais donner les billes à un bricoleur qui est plutôt dans la fabrication numérique pour pouvoir se fabriquer l'engin mobile qu'il veut. Il appelle ça un cyberdeck. Ce sera un truc entre l'ultra portable et le téléphone. Et évidemment, on va faire ça avec des technos libres. Vous pouvez venir si vous voulez. C'est gratuit.

Ce qui nous prend de la place au milieu de l'atelier en ce moment, c'est un prototype de tricycle cargo à assistance électrique qu'un autre membre du Fab Lab modifie grâce au soudeur laser qu'il vient d'acheter, (qui au passage est une petite révolution dans les métiers du soudage et a plein d'implications pour quiconque aime bien le vélo) et il y a une conscience écologique forte au départ de son projet.

Avec lui, on discute souvent justement de la difficulté à créer de nouveaux véhicules. Ce sont des difficultés législatives et techniques. Mais si ça se fait. Et quand je te parle dans l'autre discussion du fait que je tombe souvent sur des gens qui ont une mentalité anarchiste mais qui font des choses tranquillement dans leur petite bulle, c'est entre autres à ce genre d'initiative que je pense.

Second point, le contrôle des modèles ouverts

Deuxième point : je trouve quand même carrément abusé de venir dire “nan mais les IA ne sont pas au mains des élites”, pour ensuite dire “j’aimerais bien une alternative à Meta et au PCC”,

Alors j'ai mal dû m'exprimer. Imagine une situation dans laquelle il y aurait une seule entreprise qui financerait le développement de Linux. IBM par exemple.Linux resterait un système libre, ouvert et une alternative crédible à Windows ou à OS X. Pourtant, cette source de financement constituerait à une vulnérabilité évidente et son arrêt serait un coup dur pour le projet.

C'est la situation qu'on a aujourd'hui dans le monde de l'IA open source: Tous les outils sont ouverts, les architectures sont connues et les gens publient. Ce que Meta a posé sur la table et ce que plusieurs entreprises chinoises ont posé sur la table, c'est des centaines de millions, voire des milliards de dollars en puissance de calcul pour entraîner ces modèles. Et le résultat, ils l'ont donné (discutable pour certaines licenses des modèles Meta). Ils ne peuvent pas tuer ce qu'ils ont créé. Par contre, ils peuvent décider d'en arrêter le développement, comme Meta l'a déjà fait. Et si ça, ça arrive, les modèles ouverts resteront pendant un peu trop longtemps au niveau de 2026, pendant que les modèles des boîtes privées continueront à s'améliorer.

C'est là-dessus que j'aimerais bien qu'on ait des meilleures alternatives. Et l'alternative, ce n'est pas forcément Mistral, (même si aujourd'hui Mistral est le meilleur LLM qui ne soit pas entraîné dans une dictature, ce qui est quand même quelque chose)

Dans mon idéal à moi, ce serait des financements publics, ce serait des campagnes de crowdfunding parce qu'il y aurait un plébiscite universel pour se rendre compte à quel point ces technos sont positives lorsqu'elles sont ouvertes. Et on financerait ça soit via des fonds publics comme l'a été le modèle Bloom, soit via des groupes comme EleutherAI qui a été un pionnier en matière d'alignement et qui a créé le premier dataset ouvert: The Pile que probablement toutes les boîtes privées ont repris dans leur dataset d'entraînement, sans jamais venir à la défense d'Eleuther quand ils ont commencé à avoir eu des problèmes légaux.

Sur l'hébergement local

C’est sûr qu’héberger des IA locales, c’est plus facile, mais tu l’as dit toi-même, les plus puissantes, càd précisément celles qui pourraient amener un changement social drastique, c’ est compliqué, pour être gentil.

Il y a plusieurs idées fausses là dedans.

Plus haut, je parlais de l'appropriation des technologies.

Dans mon projet actuel j'utilise une IA hébergée localement pour transformer du langage naturel en commande d'un système complexe qui intègre plusieurs modèles de vision et des contrôles d'outils robotiques et qui a des capacités de programmation limitées mais suffisantes.

Le but que j'ai avec ce projet, c'est de permettre à des gens qui n'ont pas d'entraînement en informatique, en robotique, qui ne sont pas très techniques, mais qui ont un savoir-faire spécialisé en production, de s'emparer des outils d'automatisation sans avoir à passer justement par une boîte, un ingé spécialisé, etc.

Et par idéologie, je veux cibler les petites structures où les gens qui sont les plus à même de s'emparer de ces technologies sont des gens qui ne vont pas être foutus au chômage par des robots.

Désolé d'y voir une tentative de changement social. 9B c'est un modèle qui tourne sur une carte graphique à 300 euros.

Ensuite, je viens d'aller voir sur le LLM Leaderboard, (qui vaut ce qu'il vaut), quel est le meilleur modèle ouvert du moment. Ça a l'air d'être Qwen 3.7 Max, qui tourne sur 4 cartes H200. C'est quelque chose qui à l'achat vaut à peu près 120 000 euros (le lot de 4), auxquels il faut que tu rajoutes probablement à peu près autant pour connecter l'ensemble.

C'est le prix d'un petit équipement industriel. C'est le prix d'un achat modeste pour une petite commune. C'est le prix d'un tracteur, d'un rond-point. Et pour ce prix-là, tu as un des meilleurs modèles du moment qui tourne chez toi.

Il y a peu de technos qui restent aussi accessibles que ça! Ça te coûtera plus cher d'équiper un atelier pour travailler de façon professionnelle du métal que pour faire tourner un modèle à la pointe de la recherche en IA.

Quelque chose peut être à la fois ouvert et aux mains des élites

Donc à mes yeux, quelque chose peut être à la fois ouvert et aux mains des élites, ce n’est pas mutuellement exclusif

C'est possible, mais pour que ce soit possible, il faut une reddition générale.

C'est possible de maintenir une oppression sans violence, mais ça demande une soumission totale des opprimés.

C'est pour ça que je réagis aussi fort aux arguments qui disent qu'il faut rejeter en bloc toutes ces technos au lieu de se les approprier. Y renoncer c'est une condition nécessaire au contrôle par les élites de ces technos qu'ils pourront alors nous imposer. C'est un but contre son camp total.

Imagine des révolutionnaires à qui on donne des armes et qui décident qu'en fait, comme les oppresseurs ont des armes, eux ne veulent pas les utiliser.

Encore une fois, désolé pour cette confrontationnalité, c'est pas une posture facile à tenir je trouve, de défendre l'IA. Merci pour tes retours.

Sur le rebond

L'effet de rebond n'implique pas de changement justement, juste une intensification. Ou alors, c'est que le changement se trouve dans les objectifs plutôt que dans l'utilisation. Le travail devient plus efficace, et bah juste on travaille pareil ou plus pour produire énormément. Le chauffage devient moins cher, et bah on chauffe plus pour se mettre à 25 en hiver. Les cartes graphiques deviennent plus puissantes, et bah on développe des jeux plus gourmands.

Sur les Fablab

J'en profite pour souligner que j'ai énormément de respect pour les travaux faits dans les FabLab et tous les ateliers et les processus d'educ pop. Chapeau à toi et aux autres, on est d'accord il faut carrément plus d'éducation sur tous ces sujets. Mon "Mais qui fait ça" visait plus à montrer que c'était peu de monde et pas que c'était personne. J'ai bien conscience du pouvoir de l'open source, qui m'a permis de ressusciter des vieux PC, de me faire un setup pour une télé, d'avoir un serveur pour moi et ma copine, etc. Mais je maintiens que ça reste quelque chose de l'ordre du potentiel seulement, un potentiel qui s'actualise pour une part de personnes non-négligeable mais presque, mais qui dans les faits reste mis en échec par les élites économiques, juste parce qu'elles proposent plus simple et plus abordable.

Sur le contrôle des modèles ouverts

Tu t'es bien exprimé, c'est moi qui ai fait un peu trop de raccourcis dans ma tentative de simplification pour que ce soit clair.

J'ai bien conscience qu'il y a une différence entre "main-mise totale" et "contrôle par les financements", je voulais juste dire que de mon point de vue c'était la même famille de problème, l'un étant juste plus extrême que l'autre. Et que du coup, de mon point de vue c'est étrange de dire "il n'y a pas de problème de contrôle, mais il y a des problèmes de contrôles". Autrement dit, pour moi, tant que quelque chose dépend financièrement de X pour survivre, il est "aux mains de X".

Ceci étant dit, ton idéal est intéressant et peut couper court à l'argument du contrôle par le capital (même si ça reste pour l'instant un idéal, tout est contrôlé directement ou indirectement par le capital aujourd'hui). Je pense que ça ne coupe pas les problèmes sociaux engendrés par le développement de l'IA, ou en tout cas par lesquels le capital a pu accélérer le développement de l'IA (travailleureuses du clic, extraction des minerais rare, usines d'assemblage avec conditions de travail horribles, etc). Mais en tout cas ça rendrait l'IA tout de suite plus sympathique et sûre.

Sur le local

Je pense mieux comprendre le sens de ton argument : c'est plus accessible qu'on ne le pense de sortir des grandes entreprises pour l'hébergement de modèles locaux.

Je te concède le point sur l'hébergement, je pense que je n'en avais pas autant conscience, merci de l'info.

Du coup il reste juste les problèmes entraînement des modèles et de proposition de système plus simples et abordables par les grandes entreprises.

Sur l'usage des technologies des élites

C'est marrant, ce passage fait écho à plein de trucs intéressants dont on avait discuté.

Pour être franc, je pense que la reddition est déjà là. Les GAFAM ont un monopole, et pourtant des alternatives fonctionnelles existent. Les anti-AI ne participent pas à établir cettz reddition, uniquement à la maintenir éventuellement.

Je pense aussi que la théorie de "le meilleur moyen de sortir du contrôle des GAFAM, c'est de construire un monde où leurs produits ne sont pas nécessaires, même sous forme d'alternative" est très séduisante. Parce que l'autre théorie c'est "luttons pour un monde où leurs produits deviennent nécessaires, mais on leur arrache des mains", et ça me paraît tellement moins probable.

En fait, je crois que tu conçois le problème comme si les big tech ne reposaient que sur la flemme des gens, passivement, et qu'il suffirait de convaincre assez de personnes pour sortir de leur domination. Mais en fait, les big tech sont actifs et luttent pour créer et entretenir la flemme chez les gens. Donc c'est nous contre les big tech, et si on joue au même jeu, perso je parie pas qu'on gagne. Par contre si on joue dans des domaines différents (construire des mondes low-tech plutôt que high-tech), j'ai plus d'espoir (je parierai pas non plus en fait, mais à choisir je prendrai le deuxième).

Perso, je suis assez séduit par les révolutions qui refusent les armes, si promises à l'échec soient elles, parce que les révolutions armées que j'ai connues ont toutes échouées aussi. Quitte à se planter, autant le faire d'une manière en accord avec mes valeurs.

Du coup, je rêve d'un monde où l'IA n'est pas nécessaire, où les grandes entreprises n'ont pas réussi à l'imposer rentablement, mais où de braves volontaires dans les Fablab parviennent à utiliser une version amoindrie de l'IA, moins puissante qie ce qu'elle aurait pu être, mais qui permet quand même d'améliorer le quotidien ici ou là.

Mais je crois qu'au final, on rêve tous et toutes juste de monde où les GAFAM ont perdu, et du coup on part forcément perdant.e.s

Je pense que tu te trompes sur l'open source : les alternatives à la libreWolf n'ont pas pour objectif de remplacer Firefox mais de faire pression sur eux en les empêchant d'avoir un monopole. Les navigateurs web ne sont pas "aux mains des élites" justement parceque tout le monde peut voir ce qu'ils font et se barrer s'ils le désirent : c'est l'open-source qui permet un rapport de force entre les élites et les utilisateurs, rapport de force qui n'existe dans aucun autre domaine (ni dans l'automobile ni dans la téléphonie).

Le fait que les GAFAM ont plus de moyens techniques alloués au développement de modèles open sources que Jeanine, ta voisine, ne change rien à leur droit d'accès et de modification des modèles. Dans la pratique, Jeanine peut décider d'utiliser le modèle tel qu'il a été conçu par Meta ou tel qu'il a été modifié par des internautes pour passer outre la censure, retirer un watermark ou corriger des biais.

C'est peut-être plus nuancé que ce que j'ai exprimé, mais j'ai quand même l'impression d'avoir compris, et d'avoir plutôt raison.

Déjà parce qu'il y a la différence entre capacité de modification et capacité de développement : on peut essayer de rattraper les dérives tant qu'elles sont superficielles, mais on ne peut pas corriger les modèles une fois entraînés, à ma connaissance. On peut peut-être tout modifier dans un navigateur, je me rends pas compte des possibilités techniques, mais si Firefox décide de devenir closed source, on sera bloqué avec ce qui existe actuellement, et bon courage pour la suite. Pareil pour les fonctionnalités implémentées, c'est en bonne partie ce que Firefox choisit de faire qui est fait. J'imagine qu'on peut aider en soumettant sdes contributions externes, mais sur les features les plus complexes, là où il faut des gros moyens, c'est elleux qui gèrent.

Et surtout parce qu'il y a une différence entre les faits et les possibilités offertes à Jeannine : combien de gens utilisent Firefox, et quelle proportion encore plus ridicule est passée à des alternatives ? Dans les chiffres, les élites ont la main mise. Oui, tout le monde peut changer, mais le capital s'est bien accomodé de cette possibilité, et ça l'a pas empêché de construire des quasi monopoles.

C'est comme les bagnoles, si on veut, on peut éviter les grands groupes et en fabriquer soi-même. Mais bon courage.

Vu que c'est une question de chiffres, c' est même comme notre système politique : oui, oui, c'est une démocratie, tu peux ne pas vivre aux mains des élites si tu réunis assez de personnes pour détricoter le système de concentration de richesses en place. Mais bon courage.

Oui, tout le monde peut changer, mais le capital s’est bien accommodé de cette possibilité, et ça l’a pas empêché de construire des quasi monopoles.

C'est un contre sens : le capital ne s'est pas accommodé de l'open source (ils ferment leurs modèles dès qu'ils en ont les moyens), c'est la population qui s'est accommodé de dépendre des décisions de la bourgeoisie. La situation actuelle n'est pas causé par une limite de l'open source, mais par une limite de l'engagement de la population.

Et ce n'est pas comme la bagnole, justement, puisque les technologies de la bagnole sont fermés. Même des modifications extrêmement simple et superficielles (retirer un siège) sont strictement interdite et impossible à rendre légal dans la pratique. Le réactif limitant n'est pas la capacité de production de Jeanine, c'est juste que sa kangoo sera immobilisé si elle se fait prendre par la police.

Dans le cas des IAs, chercher à s'approprier la technologie en pointant du doigt la silicon valley est une diversion qui ne mènera nulle part car maintenant que ces entreprises sont obligés d'ouvrir leur code la seule chose qui reste à faire pour se les approprier c'est de mobiliser les gens, les former sur le "pourquoi" et sur le "comment" de l'utilisation de modèles open source. Les modèles sont là il suffit de se baisser, il n'y a pas de majorité à obtenir, pas de 49.3, il faut vaincre sa peur et télécharger LMStudio (j’exagère à peine).

le capital ne s’est pas accommodé de l’open source Il me semble que si, c'est précisément ce qu'on disait avec keepthepace : d'un côté, le capital profite de l'open source, voire le finance activement quand ça l'arrange, de l'autre côté, le capital a construit des monopoles closed source ou des walled garden qui concurrencent de manière écrasante l'open source, et dans certains cas en bénéficient. Je ne crois pas qu'on puisse dire que le capital mène une guerre d'éradication contre l'open-source, je pense qu'il l'a acculé dans un coin où il le maîtrise et en tire profit, ce que j'appelle "s'en accommoder".

La situation actuelle n’est pas causé par une limite de l’open source, mais par une limite de l’engagement de la population. Alors, oui, on est d'accord, c'est bien la limite d'engagement qui est la cause immédiate du problème. Mais je pense que c'est une limite de l'open source justement, de ne pas générer assez d'engagement. Ce n'est pas un tort inné de l'open source, c'est juste que le capital vend de la simplicité que l'open source peine à produire aussi massivement.

ce n’est pas comme la bagnole, justement la comparaison est foireuse, oui, mon mauvais pour l'avoir choisie. Notamment parce qu'il y a des régulations légales derrière, c'est un bon point. J'imagine qu'on pourrait restreindre la question aux voitures/quads/tracteurs utilisés sur des terrains privés, mais la comparaison n'en vaut pas la peine.

la seule chose qui reste à faire pour [s']approprier [les IAs] c’est de mobiliser les gens Sauf erreur de ma part, même en excluant les quelques éléments qui restent closed source, on ne peut que s'approprier que le code et les modèles finaux, pas les données d'entraînement (en tout cas pas dans leur intégralité) ni les infrastructures pour l'entraînement ni les processus de fine-tuning. Comme la plupart des objets industriels, on connaît les principes et éventuellement les blueprints, on peut faire ce qu'on veut de l'objet fini, mais avoir la main sur les processus de création, c'est autre chose.

Même si je me trompe sur le point précédent, ça faisait justement partie de mon argument que même au-delà de la maîtrise technique, la mainmise des élites se joue au niveau de l'engagement des gens, et qu'à ce jeu là, le capital est très fort pour captiver les gens. C'est comme si quelqu'un était manipulé pour rester en prison : ce n'est pas parce qu'on a ouvert la grille qu'iel est libre. Idem ici, ce n'est pas parce qu'on a la capacité technique de sortir du joug du capital qu'on en est sorti.

Tout à fait d'accords

Je ne savais pas trop comment évoquer ce point. Et en fait, je vois que vous en discutez ici, donc c'est parfait. Je vais m'inviter. Coucou, PatteBlanche, je viens poser des tartines :-)

libre vs propriétaire

Le monde du libre a plus ou moins vaguement conscience de s'opposer au monde propriétaire, ça c'est clair. Par contre, ce n'est pas particulièrement réciproque. Les entreprises de technologie, elles, sont avant tout opposées les unes aux autres et considèrent souvent que le libre les menace moins.

Entre deux boîtes technologiques qui se battent, souvent elles considèrent que financer une alternative libre à la solution propriétaire d'un concurrent, c'est un peu comme une politique de la terre brûlée: «Je ne peux pas avoir ce marché, alors tu ne l'auras pas non plus»

Quand Google a beaucoup aidé à pousser des standards libres sur le web, c'est parce qu'il n'avait absolument pas envie que Microsoft se fasse un pré-carré dedans. Idem quand Meta se met à beaucoup financer des modèles ouverts en IA, c'est parce qu'ils ne voulaient absolument pas dépendre d'un monopole de OpenAI.

C'est vraiment un bel exemple du capitalisme qui nous vend la corde pour les pendre.

Ce qui arrive dans le champ du libre est irréversible, à mon avis. Une fois que des utilisateurs se sont habitués à ne pas avoir à payer pour quelque chose et avoir un contrôle total sur leurs algorithmes et leurs logiciels, il faut un argument massue pour revenir en arrière. Et également, il y a une victoire idéologique assez fondamentale qui est que même les entreprises capitalistes de technologie admettent que le modèle open source et le modèle de collaboration, c'est tout simplement le meilleur pour maintenir une chose dont tout le monde a besoin.

C'est un mode dans lequel à la fois la théorie capitaliste classique et la théorie marxiste se rejoignent: Les rendements du capital diminuent parce que le marché devient de plus en plus efficace à faire des choses, c'est-à-dire arrive à extraire de moins en moins de profits au fur et à mesure qu'on apprend à faire les choses.

Alors dans une production industrielle, on a besoin d'extraire suffisamment de profits pour pouvoir payer à minimum les salaires des travailleurs. Et en général, il en reste un petit peu pour se payer des dividendes. Mais dans le monde du software, où là, produire la copie d'un logiciel coûte à peu près zéro, on arrive à une étape suivante: la sortie totale de la logique marchande.

Sauf erreur de ma part, même en excluant les quelques éléments qui restent closed source, on ne peut que s’approprier que le code et les modèles finaux, pas les données d’entraînement (en tout cas pas dans leur intégralité) ni les infrastructures pour l’entraînement ni les processus de fine-tuning.

les données d'entrainement

Il y a en effet tout un débat sur la définition d'un modèle ouvert. Et c'est pour ça qu'on parle souvent de modèle open weights plutôt qu'open source.

Il y a des groupes comme LLM360 qui, eux, essayent d'être vraiment open source.

Il se heurte à un problème légal et pour lequel on aimerait bien avoir le support de la population, mais en général, on ne se prend que des coups quand on en parle, c'est qu'un dataset, aujourd'hui, on n'a pas le droit de le faire de façon ouverte parce qu'il contient du contenu 'piraté'.

Il n'y a absolument aucun doute que tous les modèles de langage propriétaires intègrent des données sous copyright pour lesquelles les droits n'ont pas été sécurisés. Pour la bonne et simple raison d'ailleurs qu'il n'y a aucun processus pour sécuriser de tels droits.

Supposons que tu aies envie que ton modèle soit capable de discuter de Lord of the Rings. Comment tu dois faire ?

Tu ne vas pas négocier œuvre par œuvre pendant des années d'obtenir des droits à plusieurs millions comme tu devrais pour faire un film, par exemple. Mais c'est la seule option qui donnerait une sécurité légale totale et certaine. Ça fait 30 ans qu'on attend que les ayants droit se mettent d'accord pour nous donner un truc qui ressemble à la licence globale. Là, il faudrait une licence globale sous stéroïde. Il n'y a juste aucune chance que ça arrive.

Tu peux acheter les livres et les scanner ou les acheter sous forme d'e-book pour les injecter à ton modèle, mais ça, il n'y a aucune garantie que ce soit légal parce que les ayants droit vont arguer que tu fais une œuvre dérivée. Ce qui au passage, d'un point de vue légal, est très discutable (le coté "oeuvre", pas le coté "dérivé").

Des modèles qui s'interdiraient de faire ça seraient plus mauvais. Simplement, si jamais tu publies un dataset d'entraînement (et que tu ne t'appelles pas Nvidia, eux ont des avocats) tu as la garantie de te prendre tout l'arsenal anti-piratage dans la gueule.

Eleuther AI a essayé à un moment de trouver un moyen de publier des datasets utilisables par tout le monde sans qu'on puisse reconstruire les œuvres, notamment en saucissonnant les datasets d'une façon qu'il soit difficile de réassembler des livres complets à partir du dataset d'entraînement, ou alors de coder les embeddings directement, ce qui en plus rendait le debugging assez difficile.

Si on veut des modèles vraiment open source, il va falloir accepter l'hypocrisie actuelle, qui est qu'on accepte que entraîner des modèles tombe dans le scope du "fair use". Et ce serait bien qu'on reconnaisse ce droit aux gens qui font de l'open source autant qu'aux gens qui font des modèles propriétaires. Pour le coup, le flou, en l'occurrence, aide complètement les entreprises qui ont des armées d'avocats et handicapent complètement les labos qui essayent de faire des choses en mode libre et ouvert.

les processus de fine tuning

Une grande partie de la "sauce secrète" des modèles est en effet dans le fine tuning, mais le fine tuning est généralement plus facile à faire, demande moins d'infrastructures, moins de temps d'entraînement et surtout de l'intelligence au niveau de la formation des datasets.

Et il y a une communauté assez active qui fait ce genre de choses depuis longtemps (cough cough pour du roleplay érotique). Il y a en particulier quand tu veux les entraîner sur des données métiers assez spécialisées que tu ne souhaites pas partager avec d'autres, que ce soit du médical, de la finance.

Il y a également des techniques qui, là, pour le coup, proviennent complètement de labos et pas du tout de boîtes privées, qui s'amusent à enlever la censure politique de certains modèles (surtout chinois pour le coup). Et à le faire sans nécessité d'entraînement supplémentaire, juste par des opérations qui sont quasiment de la chirurgie fine dans ces modèles. C'est assez marrant à suivre.

infrastructures libres?

Je ne sais pas ce qu'on considérait être des infrastructures libres. Pour l'instant, je n'ai pas d'exemple de choses comme ça, à moins qu'on considère que les infrastructures publiques sont des infrastructures libres, ce qui me semble contestables.

Par contre, on a des choses non propriétaires dans le sens où on peut facilement changer de fournisseur.

Il faut savoir que les hébergeurs aujourd'hui se sont équipés en GPU pour fournir du token à des gens qui le demandent. Et là, on parle de fournisseurs qui, eux, n'entraînent pas du tout de modèle, ne sont pas des boîtes d'IA à proprement parler, juste des gens qui louent des machines.

Si aujourd'hui tu veux faire tourner un modèle open source énorme comme Qwen 3.7, tu n'as pas besoin d'acheter les 200 000 euros de machine, tu peux les louer à un tarif journalier qui a un prix de marché avec énormément de compétition et qui aujourd'hui a convergé à un prix assez proche de l'électricité consommée plus un amortissement sur un an des GPUs.

Tu peux également louer ces machines pour faire de l'entraînement de modèles. Les gens qui font des expériences de fine-tuning, en général, font ça. Ils vont louer pour quelques jours ou quelques semaines un gros cluster qu'ils n'ont pas les moyens de se payer. Et ça va leur coûter peut-être quelques centaines d'euros d'obtenir un modèle configuré et fine-tuné selon les datasets qu'ils ont mis au point.

Dans le monde de la recherche, il y a des supercalculateurs équipés des cartes adéquates qui sont accessibles à des labos de recherche. Alors, je ne connais pas le détail d'accessibilité de ces choses-là. Et comme tu te doutes dans notre autre conversation, je ne considère pas automatiquement comme libre les ressources dont l'État a le monopole.

Il y a, ceci dit, un projet qui existe pour de l'inférence surtout, il ne semble pas encore au point pour du training, qui s'appelle AI Horde, qui est la mise en réseau de machines de volontaires pour faire de l'inférence pour les gens qui n'ont pas de GPU. C'est ce qui se rapproche probablement le plus d'infrastructures réellement libres. Vu la taille que c'est, par rapport à la taille que ça devrait être, c'est pour l'instant plus au niveau de l'espoir que de l'effort réel crédible.

Message super intéressant, merci encore (je te réponds bientôt sur l'autre je prends juste mon temps ;) )

Sur la relation libre/propriétaire

On est globalement d'accord, c'est vrai que dire que le capital a "acculé dans un coin" l'open source, c'est sans doute dépeindre le monde avec trop de conflit.

Je pense par contre qu'il y a carrément des manœuvres du capital pour que tout ne soit pas open source, à commencer par leurs propres projets, mais aussi en rachetant des projets et en les faisant passer propriétaires. C'est plus un entre deux je pense, où l'open source est favorisé par le capital là où ça l'arrange, comme tu le décris, mais combattu ailleurs.

C'est marrant cette formulation du capitalisme qui vend la corde pour se faire pendre, parce qu'en fait je pense que c'est le cas de tout capitalisme. Hors de l'exemple du patron de l'usine de corde qui littéralement fabrique aussi la corde pour se faire pendre, il y a deux aspects du capitalisme qui auraient dû mener à sa perte : la compétition d'un côté, qui a tendance à donner des avantages "contre" les entreproses, et la constitution du prolétariat de l'autre côté, c'est-à-dire des gens nécessaires aux profits du capital et qui pourraient pourtant s'en émanciper. C'est simplement contré par un jeu du bâton et de la carotte, du monopole de la violence et de la manipulation des désirs, pour que tout tienne en place. Et l'efficacité de ces procédés me rend très sceptique quand à la possibilité de pendre effectivement les capitalistes avec les cordes qu'iels nous offrent dans leur guerre de compétition.

Sur le triptyque dataset/fine-tuning/infrastructures

Très intéressant ces manipulations de modèle par intervention chirurgicale plutôt que fine-tuning, tu as des liens vers ces gens là ?

Globalement merci encore, j'apprends un paquet de trucs. J'en tire les conclusions suivantes, hésite pas à me corriger :

  • les entreprises gardent l'avantage sur les dataset, pour des raisons légalistes et d'intérêts des détenteurs de droits, pas mal liées au système en place et à comment le capitalisme exploite les oeuvres culturelles
  • les entreprises gardent l'avantage sur les fine-tuning généralistes, mais c'est pas un gros avantage parce que 1) le fine-tuning est pas la partie la plus complexe et 2) on a de bons exemples de fine-tuning spécialisés et ouverts
  • les entreprises ne gardent qu'un très léger avantage sur les infrastructures, parce qu'en réalité il suffit de peu de moyens pour accéder à des infrastructures correctes. J'imagine qu'elles ont toujours un avantage pour les très gros modèles, mais des gens qui réunissent suffisamment de moyens pourraient avoir accès à un équivalent correct.

Sur la question des datasets, j'imagine qu'on sera toujours bloqué comme ça, au sens où certaines données un peu sensibles pour X ou Y raison seront toujours plus accessibles pour des enteprises qui promettront de garder les originaux secrets que pour des entités qui promettront de publier les originaux en open-source. Mais on pourrait sans doute réduire grandement ce désavantage si le lobby des ayant-droits ne défendait pas si farouchement ses intérêts.

le capital et la compétition

Alors juste pour faire mon relou qui aime bien utiliser des termes précis, en fait le capitalisme et la compétition ça va pas nécessairement de pair. C'est le modèle libéral qui marie les deux. Une économie de marché liée à un capitalisme, c'est ce qu'on appelle le "modèle capitaliste" actuel, mais tu peux tout à fait avoir un capitalisme corporatiste qui assoit des monopoles avec éventuellement de la violence. Ce n'est pas le système libéral dont on a l'habitude, mais c'est quand même un système capitaliste qui permet une accumulation de capital et la création de rentes.

C'est une idée qui peut choquer un petit peu, mais la compétition et l'économie de marché, c'est plutôt quelque chose qui tempère le capitalisme et qui, comme tu fais remarquer, l'incite à s'autodétruire dans une certaine mesure.

Bon, alors, j'explique sans excuser. Je considère que l'expérience libérale qui imaginait que le capitalisme serve un modèle plus démocratique grâce à l'économie de marché a largement échoué. Mais je garde quand même personnellement en tête que la compétition, c'est quelque chose qui vient tempérer le capitalisme plutôt que l'aggraver.

Et l’efficacité de ces procédés me rend très sceptique quand à la possibilité de pendre effectivement les capitalistes avec les cordes qu’iels nous offrent dans leur guerre de compétition.

Alors personnellement, c'est juste un espoir et une vision que j'ai, mais je pense que si le gâteau diminue, les capitalistes vont passer plus de temps à se disputer les parts qui restent qu'à essayer de l'agrandir. Je ne pense pas qu'il y ait besoin de pendre ou de détruire les entreprises capitalistes, juste de démontrer leur inefficacité exemple après exemple.

Si tu compares une entreprise qui a des actionnaires et doit avoir une marge suffisante pour leur fournir des dividendes, et que tu compares ça à une coopérative qui, elle, n'a pas cette nécessité, elle peut être beaucoup plus efficace comme ça. Je pense beaucoup plus que la fin du capitalisme arrivera par des coopératives qui sont plus efficaces que les entreprises à leur propre jeu économique que d'un grand soir ou d'une révolution.

Rappelons d'ailleurs qu'à une époque, on considérait que c'était logique pour un gouvernement de gauche de forcer une certaine quantité de la commande publique de passer par des SCOP, les coopératives ouvrières.

acheter un projet open source

mais aussi en rachetant des projets et en les faisant passer propriétaires.

C'est souvent très difficile au point d'être en pratique impossible dans la plupart des cas d'acheter un projet open source avec beaucoup de contributeurs. Ça arrive qu'un projet open source se ferme, mais ça nécessite d'y avoir réfléchi dès le début et d'avoir pris des précautions pour faire du dual licensing et vraiment s'assurer que toutes les contributions ajoutées soient d'accord avec ce pivot potentiel.

Il y a certaines licences que personnellement je trouve trop dangereuses à considérer ouvertes, comme la BSD ou la MIT, qui autorisent assez explicitement les entreprises à les prendre et à les intégrer à un projet fermé, voire à le revendre sous un autre nom. Mais des licences comme la GPL ou l'AGPL évitent ces écueils.

Mais même avec ces licences plus permissives, le public garde le droit de continuer à créer des forks, en général ce qu'ils appellent une version communautaire, et gardent le droit de continuer le développement du projet de leur côté. Le monde du libre et ses licences sont mieux ficelées qu'on ne l'imagine souvent.

Sur le reste, oui, c'est clair qu'il y a une opposition. Je ne veux pas donner l'impression que je pense que les boîtes privées et le monde du libre sont de grands amis. Mais on a deux avantages principaux. Le premier, c'est qu'il n'y a pas une seule force du capital. Il y a plein d'entreprises en compétition et parfois, la victoire de l'une fait avancer l'open source.

La deuxième, c'est que les licences agissent un peu comme un cliquet anti-retour. Les victoires du libre sont assez difficiles à contester plus tard. C'est toute la subtilité d'avoir adossé les licences publiques aux lois qui entourent le copyright.

On utilise les mêmes outils juridiques pour faire défendre les obligations liées aux licences du libre que les capitalistes n'utilisent pour lutter contre le piratage. Ce n'est pas par adhésion idéologique à ces outils, cc'est au contraire, une forme de subversion que je trouve particulièrement délicieuse.

Chirurgie sur modèles: activation steering

Mes sources sur ces manipulations de modèles ne sont pas très récentes, elles datent de l'époque de Llama 2.

Une recherche rapide me montre ce site qui peut t'amuser, je n'ai pas regardé en détail encore.

Mais là, tu vas voir l'exemple d'une petite modification qui montre qu'un modèle peut, sans entraînement supplémentaire, être amené à, dans cet exemple, donner des conseils pour de la fraude fiscale.

Tu peux cliquer sur leur icône Paper pour avoir la publie scientifique qui explique comment ils ont fait.

Ça ne marche que sur les modèles ouverts dont on peut voir les activations intermédiaires et que l'on peut triturer directement. Le but du jeu est de trouver quels vecteurs ajouter dans leurs "processus de réflexion" internes pour les pousser vers plus ou moins d'obséquiosité dans les expériences classiques. Mais également dans ce que j'ai pu voir sur les expériences sur les modèles chinois, vers moins de censure gouvernementale.

Sur le triptyque dataset/fine-tuning/infrastructures

Je suis d'accord avec tes conclusions :-)

Même pour les très gros modèles, je pense que les grosses boîtes n'ont pas davantage d'infrastructures. Avec juste une exception pour l'entraînement de ces gros modèles, où là c'est un savoir-faire encore un petit peu spécialisé j'ai l'impression, et où là aussi il y a l'air d'y avoir des sauces secrètes.

Il y a quand même un enjeu de souveraineté à avoir les infrastructures nécessaires pour entraîner les très gros modèles, les "modèles frontières".

Alors personnellement, je suis de l'opinion qu'ils arrêteront de grossir et que GPT-4 était vraisemblablement le plus gros modèle qu'on n'entraînera jamais. Mais c'est une opinion personnelle, ce n'est pas une certitude à 100%. Du coup, ce n'est pas idiot non plus de stratégiquement garder un savoir-faire de dataset en entraînement pour le cas où, dans deux ou trois ans, on se rende compte que des modèles dix fois plus gros sont nécessaires pour certaines tâches.

Sur les datasets, oui, je pense qu'à moins d'une réforme du copyright, on reste toujours bloqué comme ça.

J'essaie juste de donner un petit peu de perspective sur les accusations de pillage de droits d'auteur auxquels on a le droit dès que les gens commencent à comprendre comment sont assemblés ces datasets. Jetez pas la pierre à ceux qui avouent qu'ils le font, parce qu'ils le font vraiment tous. Et ne jetez pas non plus la pierre à ceux qui ne font que du open weight, parce que souvent, légalement, ils n'ont pas la possibilité de faire vraiment du vrai open source.

Assez curieusement, les meilleurs modèles complètement open source dont les datasets et les procédures d'entraînement sont publiés sont probablement ceux de Nvidia. Pas exactement un grand fan de l'open source.

Mais là encore, c'est une boîte privée qui a trouvé son intérêt dans l'open source. Eux, leur but, c'est de vendre du matériel. Et plus il y a de modèles ouverts, performants, plus il y a de gens qui ont envie d'entraîner, de fine-tuner des modèles. Plus ils vont vendre de matos. Et c'est d'autant plus facile à faire qu'on dispose de bons modèles ouverts. Donc eux publient des modèles ouverts avec les datasets, se sont pris dans la gueule tous les procès auxquels on pouvait s'attendre, mais eux ont des avocats pour se défendre.

Et en fait, on a quelque chose qui va probablement nous débloquer dans les prochaines années sur la question des datasets. C'est ce qu'on appelle les datasets synthétiques. Et c'est une décision un petit peu étrange également qui a été prise par une cour américaine de déclarer que les sorties d'un modèle génératif ne tombent pas sous le coup du copyright.

Les données synthétiques, c'est un concept très simple. c'est qu'au lieu d'entraîner un modèle sur un dataset de sources variées, on va l'entraîner principalement sur les sorties d'un autre LLM qu'on sait assez bon. Contrairement à une croyance populaire qui vient d'une publi qui est a été assez mal comprise par le grand public, ça ne rend pas les modèles moins bons de faire ça, en tout cas pas sur une génération.

Et là, bon courage pour m'attaquer si je dis que moi j'ai payé pour un service en ligne qui a priori est légal, n'a jamais été reconnu comme étant dans l'illégalité et pour lequel j'ai payé pour des tokens que la loi considère ne pas être sous copyright. Ça va être assez difficile de m'accuser d'avoir violé du copyright indirectement ou d'interdire mon modèle.

Donc personnellement, je ne considère pas qu'il y ait une énorme incertitude légale là, mais c'est pour dire qu'il ne faut pas forcément jeter la pierre aux groupes qui ne publient pas leur dataset. Il y a une inégalité de moyens qui est vraiment problématique pour les communautés libres.

Sur le capitalisme

Merci pour toutes les précisions !

Je tiens à préciser que le fait que la émcanique de compétition incite le capitalisme à s'auto-détruire dans une certaine mesure, pour moi c'est purement de facade, ou purement théorique. Mon analyse, c'est que le pouvoir économique est un pouvoir, et que comme les autres il pousse les gens qui en ont à en vouloir plus, et je pense que cette mécanique de fond compense, voire dépasse tous les effets positifs que la compétition pourrait avoir.

Mais sinon, tout à fait d'accord, surtout sur le fait que la compétition, c’est quelque chose qui vient tempérer le capitalisme plutôt que l’aggraver. D'accord aussi sur le fait que la fin du capitalisme n'arrivera pas par le biais d'un grand soir ou d'une révolution au sens classique, mais j'ai peur que les coopératives ne soient pas la clef non plus : dans mon expérience, il faut beaucoup de garde-fous pour ne pas recréer des dynamiques capitalistes au sein des SCOP et des coopératives en général. Alors, c'est vachement mieux que des grandes multinationales, mais je n'y vois pas une vraie rupture avec le capitalisme. Ceci étant dit, si tu entendais ça comme l'outil qui amènera la fin du capital, alors ce n'est pas impossible, et je souhaite que tu ais raison.

Sur les transitions open source vers closed source

Certes, le passage en fermé n'est pas très fréquent, et peut toujours être contourné, même si ça reste des bâtons dans les roues du logiciel libre dans ces cas-là. POint pour toi.

Merci pour les liens vers l'activation steering !

Jetez pas la pierre à ceux qui avouent qu’ils le font, parce qu’ils le font vraiment tous. Et ne jetez pas non plus la pierre à ceux qui ne font que du open weight, parce que souvent, légalement, ils n’ont pas la possibilité de faire vraiment du vrai open source.

Excellent résumé de ton travail de nuance, merci encore <3

Contrairement à une croyance populaire qui vient d’une publi qui est a été assez mal comprise par le grand public, ça ne rend pas les modèles moins bons de faire ça, en tout cas pas sur une génération.

Ok, je pensais que c'était le cas ! Alors après, même avant de lire ça, je me disais que si tu constitue ton dataset avec une IA vraiment poussée et dont on sélectionne un peu les résultats, ça avait des chances de marcher. J'ai toujours l'impression que si par contre tu fais ton dataset avec tout le slop pondu sur internet par une quantité de modèles et de prompts à la qualité beaucoup plus variable, forcément ça donnera des résultats mauvais. Mais c'est peut-être faux aussi du coup.

Haha, alors note que par rapport à d'autres personnes dans l'extrême gauche, moi j'ai plutôt tendance à considérer que le capitalisme, c'est à la fois plus facile d'en sortir qu'on le pense, mais également moins fondamental:

C'est une étape importante et nécessaire, mais ça ne nous empêche pas de lutter contre plein d'autres mécanismes d'oppression qui existent et qui ne vont pas magiquement disparaître lorsque l'on va changer la structure de propriété des moyens de production. On aura encore à parler du post-colonialisme, du sexisme, de diverses dérives religieuses... Toutes ces choses-là ne vont pas disparaître par magie, et on peut même les combattre dès aujourd'hui.

Franchement, la publication originale, je ne sais même pas si elle vaut encore le coup d'être citée. Elle démontre un effet sur un dataset particulier (wikitext2) de qualité sur un modèle de 125 millions de paramètres. Ils ont démontré un fait assez évident qui est que lorsque tu as un modèle imparfait qui essaye de prédire un dataset, il fait plein d'erreurs. Et que si tu réinjectes ce dataset plein d'erreurs dans l'entraînement d'un nouveau modèle, il va en faire encore plus. Ce n'est absolument pas garanti que ça se généralise à des plus gros modèles ou à d'autres datasets plus gros qui généralement sont de moins bonne qualité.

Ce n'était pas un résultat particulièrement surprenant, et ce n'était pas un particulièrement bon argument pour dire que les données synthétiques ne fonctionnent pas. C'est un point dans le débat, mais la presse s'en est emparée en faisant croire que le débat était tranché, ce qui n'était absolument pas le cas. Les données synthétiques ont une importance de plus en plus grande et on les utilise tout le temps.

Je compare ça à la publication scientifique qui avait prouvé que la force musculaire d'un bras humain n'était pas suffisante à actionner des ailes (correct) et en a conclu que les humains ne pourraient jamais voler.

PS: wow, pas de balise spoiler! On arrive à la fin de la conversation?

C'est dingue à quel point on peut être d'accord et pas d'accord x)

Perso je pense que sortir du capitalisme, c'est fondamental (après fondamental par rapport à quoi, vaste débat, mais au moins par rapport aux gens qui y vivent), et que c'est particulièrement difficile (je tiens le capitalisme pour un truc rampant qui va s'accrocher à son caillou comme un crabe au fond de son trou).

Par contre, ton paragraphe sur les autres oppressions, 100% d'accord, pas une seule nuance à apporter. Comme quoi !

Ok, merci pour les explications ! Et oui, dinguerie que cela, la discussion semble trouver son terme 😱 (après je prépare ma réponse sur l'autre fil, j'ai pas trop le temps en ce moment, mais ça arrive promis !)

Bon ok, c'est un peu de la provocation. Ça reste un gros morceau, mais c'est qu'un seul item sur la longue liste des choses à améliorer.

Et surtout, je ne pense pas qu'on va le supprimer d'un coup, je pense qu'on va l'user à la longue. Et que oui, comme tu dis, ça va s'accrocher à son caillou, mais ça va devenir de moins en moins important dans le fonctionnement de l'économie.

Ça paraît aussi inatteignable aujourd'hui que la reconnaissance du mariage homosexuel dans les années 80 mais personnellement, je vois les mentalités progresser et je ne vois pas grand-chose qui puisse endiguer les efforts. Je vois plein de trucs qui peuvent aider à aller plus vite. Mais au moins, je trouve que les choses vont dans le bon sens.

Les esclaves étaient certainement pas aux 35 heures, mais c'est pas garanti qu'iels bossaient plus que les ouvriers du XIXe. Ça dépend beaucoup des cas, mais dans l'idée, ton esclave, c'est ta propriété, s'iel crève, c'est ton patrimoine que tu perds, donc tu as intérêt à bien lea traiter et à pas trop lea fatiguer. Tes ouvriers et ouvrières, tu t'en fous, s'iels crèvent, d'autres viendront.

Y'a pas de règles, la vérité fait le grand écart entre les deux.

Un esclave grec mycénien était plutôt bien traité pas loin d'un homme libre a priori, selon les traces. En Grèce athénienne le statut était en gros citoyen ou esclave, avec des ratio atteignant 1:4 donc la encore ça devait pas être trop pourri en moyenne sinon la ville n'aurait pas été aussi reussie. Sauf bien sur dans les mines, a la rame... Les boulots atroces. Les esclaves athéniens avaient d'ailleurs le droit de propriété, et presque tous les droits sauf la politique.

Un travailleur African dans les champs de canne a sucre américains était tué a la tache (moyenne de vie 7 ans dans mes souvenirs) et c'était moins cher d'en racheter un neuf, jusqu'à la fin du commerce triangulaire, a partir de quand les esclaves féminins faisaient du coup parti de la logique de reproduction du "cheptel" et on a commence a les économiser.

Un serf européen du moyen âge bossait en moyenne une trentaine d'heures par semaines avec de fortes variations saisonnières, mais vivait dans la précarité.

Pour les esclaves ottomans c'était total variable en fonction du type d'esclave.

Un esclave viking ou chinois en chiait sa race.

Et la c'est uniquement centré sur l'esclave de travail (production, services a la domus) pas sur l'esclavage sexuel qui est une horreur différente.

1-3% de l'électricité mondiale projetée en 2030. C'est énorme.

Consommer de l'électricité, ce n'est pas émettre du CO2.

L'électricité, c'est la façon la plus propre de consommer de l'énergie, au point que le GIEC recommande une électrification des process et une augmentation de la production d'électricité, évidemment de façon renouvelable et décarbonée.

C'est un réflexe purement américain d'essayer de faire une équivalence entre le kWh et le CO2 émis en faisant l'hypothèse qu'on va créer de l'électricité en brûlant du pétrole ou du charbon. On ne fait plus ça en France, et le monde en sort progressivement.

Attends tu peux pas séparer la consommation de la production nécessaire pour permettre cette consommation, même l'ademe et l'aee comparent les émisisons en conséquence de la consommation

Ça dépend à quel niveau tu te places, en fait.

Si ta question c'est de savoir si une technologie a sa place dans une société renouvelable (c'est à dire qui ne consomme pas plus que ce que l'écosystème produit et qui ne détruit pas son environnement), alors c'est tout à fait légitime de dire que d'une part, une activité n'utilise que de l'électricité, et d'autre part qu'on sait produire de l'électricité de façon renouvelable et que donc cette techno a sa place dans une telle société.

Si ta question est de savoir si aujourd'hui il vaut mieux allumer ou non ta clim, le mix énergétique actuel sur lequel cette clim est branchée est en effet à considérer. C'est pour ça que, naturellement, Anakin, tout le monde est en faveur de la construction de data centers en France, où l'énergie est plus décarbonée, plutôt que d'utiliser des modèles américains et chinois, n'est-ce pas? /s

On doit arriver à un mix 100% décarboné d'électricité. C'est comme ça qu'on va sortir de la crise climatique. Ce sera plus facile si on consomme moins, c'est sûr, mais les consommations ne nous empêchent pas de faire cette transition.

Consommer de l'énergie c'est augmenter l'empreinte humaine. Le réchauffement climatique n'est que le problème actuel. Avant c'était la destruction dew cours d'eau, encore avant la disparition des forets, ça commence a être aujourd'hui la gestion des déchets de fission...

Ce genre de projection ne veut rien dire : on vient de vivre un boom de l'IA, évidement que l'empreinte du secteur a augmenté rapidement, on ne peut pas extrapoler ces dernières années aux années à venir.

On est déjà entre 1&2% aujourd'hui.

Ah effectivement la différence n'est pas énorme, mais du coup pourquoi utiliser une projection dans ce cas là ?

Parce-que quand j'ai recherché pour vérifier ce que j'avais en tête avant de poster j'ai trouvé ça en premier 😅

Le changement climatique est causé par l'émission de CO2. Les IA n'émettent pas de CO2. Zéro. Nichts. Nada. Kein. Wallou.

Elles consomment de l'électricité. L'électricité, on sait la générer sans émettre de CO2.

En général, à ce stade, la conversation change de but. On va se mettre à parler des terres rares, qui ne sont absolument pas rares, qui ne manquent pas, qui ne sont pas exploitées de façon disproportionnée par l'IA. Ou on va se mettre à parler de l'eau en faisant semblant de croire que l'eau c'est comme le pétrole, que c'est une ressource fossile.

AI-bros

Franchement, à un moment, je pense que je vais accepter cette épithète parce que l'inverse semble être du neoludisme qui fait semblant de croire que toutes les technologies sont néfastes tout le temps pour tout le monde alors que ce n'est clairement pas le cas. Moi, je suis un libristre, les start-upeurs me sortent par le nez mais apparemment, on est tech bro ou AI bro dès qu'on pense que c'est possible de générer l'électricité d'une façon renouvelable ou que l'informatique a des points positifs.

Donc si les gens qui développent de l'open source, des fab labs, qui font des formations pour des gens en réinsertion, l'initiation à l'informatique, de la récup, du recyclage, de l'upcycling, du recyclage de plastique, du développement de véhicules légers et intermédiaires (liste d'activités de tech bro auxquelles je m'adonne personellement), je pense que c'est un titre que je veux bien prendre, oui.

Vous savez que l'IA, vous avez aussi le droit de vous y intéresser d'une façon locale et ouverte, sans aduler Musk ou Altman, hein. Moi, les LLM que j'utilise, ils sont ouverts, refroidis à air sur du matos qui est chez moi.

Fabriquer des composants électroniques consomme énormément de CO2.

Fabriquer des éoliennes, des panneaux photovoltaïques, des barrages, centrales électriques, consomme énormément de CO2.

L'eau utilisée pour la fabrication des composants électroniques et pour le refroidissement des centrales électriques et pour le refroidissement des centres de données, c'est de l'eau potable. Va expliquer aux gens qui n'ont pas suffisamment d'eau potable pour vivre en bonne santé que c'est parce que t'en a besoin pour générer des images numériques s'il te plaît, perso j'ai honte.

Et quel process dans la fabrication de composants électroniques demande d'émettre du CO2, je te prie ?

Ce sont des process qui consomment de l'électricité. L'électricité, on sait la produire sans émettre de CO2. Ce sont des process qui demandent du transport. Le transport, on sait le faire sans émettre de CO2.

Les gens qui n'ont suffisamment pas d'eau potable pour vivre en bonne santé n'en auraient pas plus si on éteignait les data centers qui sont à l'autre bout du monde aujourd'hui. Les tensions hydriques, ça ne fonctionne pas comme ça, c'est quelque chose de très local.

Et la encore tu bottes en touche. "Ça émet du co2." "ah oui, mais je compte que ce qui m'intéresse."

J'ai été clair dès le début, je m'en suis expliqué, j'ai donné la définition du scope 3 et j'ai expliqué pourquoi je pense qu'elle s'applique ici.

L'utilisation d'IA, que ce soit via des data centers ou via de l'inférence locale, est compatible avec une société renouvelable. C'est ce que je dis, c'est ce que j'argumente, c'est le point de vue qui me paraît cohérent.

On n'est pas dans une société renouvelable. Donc quoi qu'on fasse aujourd'hui, que ce soit construire des vélos ou couper des planches pour son potager, c'est à peu près impossible de le faire sans émettre de CO2 au sens du scope 3.

Donc à partir de là, moi je veux bien discuter de deux trucs:

  • Soit on discute de façon quantitative de l'impact aujourd'hui dans notre société de cette activité par rapport aux activités qu'elle déplace. Et on voit si c'est rentable écologiquement.
  • Soit on reste au niveau qualitatif et là on est uniquement en train de décider si cette techno a une place dans une société renouvelable ou non. Et là il faut qu'on regarde le scope 1 et on voit que le scope 1 est à zéro, que ce n'est pas une des activités qui sera problématique dans une société renouvelable.

Et moi, je n'ai aucun problème à expliquer aux gens qui ont voté pour des connards ultra-capitalistes que si leurs dirigeants ont préféré filer de l'eau à des industriels plutôt que de réparer les structures qui donnent de l'eau potable, c'est plus un problème politique qu'un problème technologique.

Oui c'est un problème politique. Mais donc ceci est faux et issu d'une vision partielle:

Les gens qui n'ont suffisamment pas d'eau potable pour vivre en bonne santé n'en auraient pas plus si on éteignait les data centers qui sont à l'autre bout du monde aujourd'hui. Les tensions hydriques, ça ne fonctionne pas comme ça, c'est quelque chose de très local.

qui sont à l’autre bout du monde

ah oui les datacenter faits en terre-paille compostable oui

Je crois que t'as pas compris que la critique n'est pas sur la technologie mais bien spécifiquement sur les fondations politiques et écologiques de l'IA. Personne ici ne se plaint des fab-labs. Ça serait bien d'être un peu sérieux dans tes arguments

Ce serait bien que vous soyez un petit peu rigoureux dans vos critiques aussi également.

Ne dites pas IA quand ce que vous critiquez, c'est la Silicon Valley. Ne parlez pas des LLM quand le problème c'est Peter Thiel ou Sam Altman.

Personne ici ne se plaint des fablabs, pourtant ce genre de discussion néoludite, c'est ce qui a amené des gens à incendier celui que j'avais aidé à fonder à Grenoble. Parce que tu comprends, il y a des ordinateurs, donc ça procède aux nécro-technologies de Minatech qui est à l'autre bout de la ville.

Donc ne venez pas parler d'IA si vous venez parler de politique et d'écologie. L'IA, c'est un domaine de l'informatique qui est purement algorithmique. Il n'y a, à mon grand regret d'ailleurs, aucune pensée politique derrière l'IA. À la limite, vous pourriez dire que la pensée politique qui en est le plus proche est celle du revenu universel, parce que ces deux notions sont souvent très liées, et que vous trouverez beaucoup de personnes dans l'IA qui pensent que justement, elle permettra d'implémenter ce genre de choses.

Mais les gens dont vous entendez parler et que vous associez à cette technologie, ce sont des patrons d'industrie. Ce sont des gens qui vendent de l'IA, mais qui auraient vendu de l'acier il y a 100 ans, ou des chemins de fer, il y en a 150. Ils n'ont rien à voir avec la tech, ils ont tout à voir avec le capitalisme.

C'est incroyable d'être aussi stéréotypé que ça.

C'est qui qui a incendié ton fablab ? Je suis pas d'accord avec toi donc c'est forcément moi ? Tous les gens qui s'opposent à l'IA ont brûlé ton fablab ? Est-ce que je te traite de pédocriminel parce que yen a qui utilisent l'IA ? Un peu de rigueur stp

Si tu penses que l'IA est purement algorithmique c'est que tu fermes volontairement les yeux sur la politique. Tu veux juste pas la voir mais il y a une vision politique bien précise de l'IA. La domination est au coeur de son idéologie. Quelle que soit sa forme, appeler quelque chose spécifiquement IA (et pas juste llm, ou machine learning, ou...) c'est toujours de la domination de l'homme, généralement blanc, sur tout le reste. Ce que fait l'IA ne sort pas de nulle part, moi aussi j'aimerais bien que ça pousse tout seul sur les arbres et ya qu'à se baisser mais c'est pas ça la réalité. Il n'y a pas d'intelligence sans définir ce que c'est et oh surprise, la totalité de ses fondations sont faites par des hommes blancs dominants, dont certains ouvertement racistes quand on regarde dans quel but les tests de QI ont été inventés. Une intelligence artificielle n'est jamais créée dans le but d'être autonome mais toujours utilisée. La totalité de l'histoire du terme est solidement ancrée sur de la domination de l'homme sur le reste.

Utilise llm ou autre si tu veux parler strictement technique, mais attends-toi à ce qu'on te dise qu'on ne peut pas aborder la technique en faisant comme si les aspects sociaux n'existaient pas, ça n'a aucun sens.

Quelle que soit sa forme, appeler quelque chose spécifiquement IA (et pas juste llm, ou machine learning, ou…) c’est toujours de la domination de l’homme, généralement blanc, sur tout le reste.

Et c'est moi le stéréotype...

Je vais pas répondre au reste parce que la flemme de debunker un aibro, mais juste une chose : un modèle local est rarement entrainé en local, et dans tous les cas décentraliser les couts de l'IA ne la rend pas plus efficace. Le local c'est pour des questions de vie privée, pas d'environnement.

M'enfin je sais même pas pourquoi je m'emmerde à taper ça quand la personne en face essaie de jouer martyr.

décentraliser les couts de l’IA ne la rend pas plus efficace. Le local c’est pour des questions de vie privée, pas d’environnement

On est quand même en droit de penser qu'il vaut mieux avoir des GPU à 400W qui font des spikes occasionnels et déversent quelques calories dans le buffer thermique d'une résidence (où elles sont compensées mécaniquement par moins de chauffage etc...), que des data centers en spike permanent qui dumpent des MW de chaleur dans leur environnement immédiat.

Et en vrai, même les data centers pourraient faire le choix de se refroidir à l'air ou pourraient se mettre à des endroits où leur consommation d'eau ne poserait aucun problème ou alors pourrait faire comme les incinérateurs et alimenter des réseaux de chaleur. C'est purement un problème capitaliste et politique, ça.

Microsoft avait expérimenté avec Data Center immergé. Je crois que la Chine en a également. L'histoire de chuaffage, là, c'est vraiment un problème artificiel.

Microsoft avait expérimenté avec Data Center immergé

Pour le coup je pense que l'océan c'est le pire endroit possible pour dumper autant de chaleur. C'est vraiment très problématique surtout que ça nuit à la capacité de l'eau à absorber le CO2 de l'air donc ça a un effet composé.

Après pour les résaux de chaleur c'est super intéressant je ne sais pas dans quelle mesure c'est possible mais du coup un DC avec énergie décarbonée + production de chaleur pour la communauté locale ça devient assez attrayant comme proposition.

"la flemme de débunker un aibro"... bravo le niveau. Tu n'es pas obliger de polluer les discussions auxquels tu ne veux pas prendre part.

Oui, et puis le debunking, c'est dur, ça demande à se baser sur la réalité.

Oui, en effet, c'est moins efficace d'avoir de l'inférence décentralisée. Merci de rappeler que les data centers, en fait, représentent une économie en énergie. Par contre, il y a une question de mix énergétique qui se pose vraiment entre les data centers situés aux US qui vont tourner aux énergies fossiles et ceux situés en France qui vont tourner au nucléaire décarboné.

La réalité :

  • le gros de l'utilisation des IA est une perte sèche
  • l'utilisation des llm pour le grand public a des effets cognitifs et psychologique dévastateurs
  • l'utilisation du terme "nucléaire decarbonné" est une aberration du même titre que "voiture non radioactive."
  • la réduction du labeur grâce aux IA n'arrivera pas. Le techno-socialisme s'est heurté a une réalité ou la réduction du labeur n'a eu lieu qu'en lien avec des progrès vers une démocratie fonctionnelle et non une fonction des progrès de productivité depuis le 19ème.. Sinon on bosserait déjà tous 20h par semaine pour un niveau de vie auquel la majorité n'a pas forcément accès (manger équilibré, eau potable, une chambre par gamin, éducation, santé, électroménager pour tous).

Après je ne suis pas anti-ia. En recherche elles ont leur place. En automatique et conduite aussi. En décisionnel c'est une très mauvaise idée, même si on arrive a diminuer les biais qui sont produits en miroir de notre société. En médical c'est pas du tout mûr. En psychologie c'est dangereux car incontrôlable. En militaire c'est a contrôler à fond, faire les dernier 500m d'un drone vers un tank n'a rien a voir avec appliquer une stratégie destruction définitive des terres agricoles enemies car c'est efficace et le faire sans que les humains ne s'en rendent compte / n'interviennent. Associé a des humanoïdes / robots de présence / de conversation c'est complètement idiot, ça délite encore plus une société. Idem pour les arts. En agriculture intensive je vois du potentiel rapidement (est-ce souhaitable?) en extensif a moyen terme, en permaculture on en est très loin.

  • et alors ? La sécurité sociale aussi coûte de l'argent, là c'est encore mieux puisque c'est directement les milliardaires américains qui mettent la main au porte feuille.
  • les effets cognitifs et psychologique n'ont absolument rien de "dévastateurs", c'est faux.
  • je vois pas trop où tu veux en venir avec ce point, mais oui l'énergie nucléaire c'est radioactif.
  • La réduction du labeur n'arrivera pas grâce à l'IA mais c'est indéniable que l'IA permet une plus grande réduction du labeur, même si la différence est marginale.

De toute façon c'est un peu parler dans le vent que de se demander si "l'IA" c'est "bien" ou "pas bien", la seule question sensé et concrète c'est "qu'est-ce qu'on fait de l'IA ?".

  • la sécu n'est pas une perte sèche, c'est positif socialement et économiquement (la pauvreté coûte cher a un pays). C'est une perte uniquement côté fraude (qui reste minime par rapport a l'ampleur du projet).
  • Alors faut aller demander aux auteurs pourquoi la corrélation utilisation de l'IA - anxiété, baisse de capacité de réflexion etc. est observée et publiée dans des études psychologique depuis 2 ans.
  • c'était une réponse au post d'avant.
  • oui.

Et oui, d'où ma vision de l'etat des lieux que j'ai fait. Il y a pleins de domaines utiles, des domaines discutables, des domaines contre-productif et des domaines carrément nuisible. Je ne suis pas anti-IA, mais l'utilisation intelligente de l'outil est encore balbutiante et pointe sévèrement vers une utilité rapide (et actuelle) dans des domaines spécifiques avec des modèles spécialisées plutôt que vers une "IA" dans le sens commun et dans la manière dont elle est mise à disposition du grand public (personnel et professionnel) aujourd'hui.

  • évidement que le coût de la sécu est une bonne chose, mais tu comprends bien mon point : pourquoi je devrais me soucier des pertes sèches des boites d'IA ? (surtout que je peux profiter gratuitement de leurs découvertes)
  • Les publications concernant la supposés baisse des capacités cognitives ont toujours les mêmes résultats à ma connaissance : ceux qui ne s'entraînent pas dans une compétence (en faisant faire le travail à une IA, par exemple) ne progressent pas dans cette compétence. Ni plus ni moins. C'est le cas de celle-ci et celle-là. Il n'y a à ma connaissance aucune étude qui montre un effet "dévastateur" sur la cognition, au contraire cette étude là montre que dans certains cas l'utilisation de l'IA permet de mieux se former. Je ne suis pas au courant d'effet de l'IA sur l'anxiété, mais je suis curieux, si tu as des liens à partager.
  • on s'est mal compris. Je parlais de pertede ressources (énergie principalement). Les techbros, si leur pertes pouvaient s'accélérer ça soignerait la bulle de valorisation, et plus ça arrive vite, moins ça fera de dégâts.
  • Oui, mais c'est inhérent a l'outil. Je met ça au même niveau que le travail de bureau favorise les problèmes de santés. Le sujet est lourd de conséquences dans les deux cas. Le cote dévastateur j'ai grossi le trait mais si l'utilisation des ia se généralise pour les taches intellectuelles simples ça va être très gênant.

Anxiété : les premières que j'ai vu datent de 24, la dernière : https://www.medicalnewstoday.com/articles/frequent-ai-use-linked-to-higher-depression-rates-study-warns#AI-and-mental-health-A-link

Je ne comprends pas ton point sur la perte sèche de ressources. Qui perd quoi ?

Oui, mais c’est inhérent a l’outil

Non justement, les études montrent que c'est inhérent à une pratique. C'est une nuance importante : on peut utiliser l'IA et progresser, on peut aussi tricher sans l'IA et ne pas progresser. On est pas du tout sur "l'IA gène le développement cognitif" et encore moins sur "l'IA réduit les capacités cognitive".

Pour reprendre ton exemple, le problème du travail de bureau vient de la position assise forcé. C'est le fait de rester huit heures pas jour dans une position inconfortable qui provoque des troubles musculo-squelettiques, et c'est uniquement parceque cette position est obligatoire en travail de bureau qu'on peut dire que le travail de bureau cause des trouble musculo-squelettique. (et t'inquiètes pas que s'il y avait la moindre ambiguïté les patrons auraient fais leur propagande pour mettre la responsabilité sur les employés comme ils le font avec la "bonne position" pour porter des charges lourdes dans la manutention).

L'étude que tu cites montre une corrélation entre usage de l'IA et symptômes dépressifs, mais pas de causalité. Les chercheurs précisent bien :

A further limitation is the cross-sectional nature of these data, which does not allow us to test causation. Although our results are consistent with personal AI use causing greater depressive symptoms, they are equally consistent with greater depressive symptoms precipitating greater AI use, or with neither of these.

La perte c'est l'énergie + le travail humain. Au niveau humanité, pas directement financier (même si ça donne un outil de mesure partiel).

Oui pour la notion outil / pratique. Mais le final est le même dans le sens ou nous ne sommes pas libre de changer la pratique, et quand nous le sommes on a une certaine tendance a pas être bon non plus (c'est individuel, social et sociétal).

Oui l'article appuie dur sur la corrélation uniquement, en l'absence de données suffisantes.

Mais en parallèle il y a des liens ou on montre une augmentation de l'isolement.

Dans les études centrée sur le travail la causalité était établie avec un lien via une augmentation du travail multitâche qui pète le cerveau.

Sur les capacité cognitives on voit une tendance via plusieurs études liées au fait de pas utiliser son cerveau (ce que tu as mentionné, et qui se rapproche clairement de la notion de pratique).

Pour le dur, on aura la réponse dans 4/5 ans quand il y aura eu suffisamment d'études pour faire une méta-analyse propre. Mais en regardant l'effet de la télé qui est largement plus étudié, les points durs que ça cause sont communs avec l'utilisation d'IA pour des particuliers.

Donc en attendant la suite des études pour confirmer, mon hypothèse principale est que [revenir au début de notre discussion]

Et j'insiste que je vois ça comme hyper positif pour tout ce qui est automatisation, robotique dédiée, recherche (dont recherche documentaire), pilotage, extrapolation physique (dont météo)... Juste pas comme copain virtuel, générateur artistique etc. Et encore moins comme algo de manipulation (dont pubs, recommendations) et surveillance, mais ça on aura pas le choix.

Je suis peut-être teubé mais je ne comprends toujours pas ton premier point : est-ce tu veux dire que "l'humanité" a investi des efforts humains et énergétiques dans le développement et le fonctionnement de l'IA et que "l'humanité" n'en tireras aucun bénéfice ? ça ne semble pas vraiment être ta position vu ton dernier paragraphe ?

Je vais pas passer plus temps sur le second point aujourd'hui mais même si on admet que tout ce que tu dis dans ce commentaire (augmentation de l'isolement, contraintes pro, libre arbitre, etc.) est 100% vrai et que les méta-analyses futures confirment les études actuelles les plus alarmistes, et ben même dans ce cas là on est toujours sur du "l'utilisation des LLM dans un cadre éducatif peut brider en parti l'apprentissage et l'usage des LLM pour du roleplay peut augmenter l'isolement d'une façon similaire à la télévision" : on est déjà très loin de ta première proposition qui était "l’utilisation des llm pour le grand public a des effets cognitifs et psychologique dévastateurs".

Je suis peut-être teubé mais je ne comprends toujours pas ton premier point : est-ce tu veux dire que "l'humanité" a investi des efforts humains et énergétiques dans le développement et le fonctionnement de l'IA et que "l'humanité" n'en tireras aucun bénéfice ? ça ne semble pas vraiment être ta position vu ton dernier paragraphe ?

En proportion de l'utilisation. Je suis pas contre la tech mais son utilisation majoritaire actuelle et l'orientation que ça prend. Tu as la même pour les réseaux sociaux. C'est pas le nombre de lemmys qui contre les dégâts des autres réseaux sociaux. Le développement de la tech est un coût, sa mise en oeuvre un autre, son utilisation un troisième. Au global la majorité du coût est perdu (voir nuisible dans cet exemple) pour la société.

Pareil pour la deuxième partie.

On en revient a la vision initiale du pognon perdu par les techbros vs le coût réel (si on avait fait autre chose ou autrement), et a la différence outil / utilisation que j'avais fusionnée.

  1. C'est une affirmation gratuite.
  2. Idem, moi j'ai entendu ça sur à peu près toutes les technos informatiques depuis que je sais lire. Ce qui apparemment est un miracle car entre la télé, les jeux vidéo et les jeux de rôle, je devrais avoir le niveau d'une paramécie normalement.
  3. Le nucléaire est décarboné, j'aime bien le rappeler quand même. Oui, c'est une évidence, j'aimerais que ce le soit pour tout le monde.
  4. Les deux marchent main dans la main. Le progrès technologique ne réduit pas automatiquement le temps de travail, mais le temps de travail ne peut pas se réduire sans progrès technologique non plus. C'est deux choses qui doivent marcher main dans la main. Et c'est pour ça que ça m'exaspère de voir que les tendances politiques qui devraient vouloir moins de temps de travail sont également hostiles aux technos qui rendent ça possible.

Après, pour le décisionnel, quand on voit la baseline, je ne sais même pas si les IA d'aujourd'hui ne sont pas prêtes. Alors oui, moi je trouve qu'il vaut mieux attendre que des progrès soient faits. Mais je dirais que les LLMs d'aujourd'hui ont un niveau de culture et d'intelligence qui est supérieur à la moyenne des dirigeants humains aujourd'hui.

  1. Va voir les études faites sur l'apport aux organisation ayant implémenté une IA. Accessoirement, les IA sont majoritairement utilisées pour de la merde.

  1. La TV c'est démontré que oui. Les JV et JdR au contraire ça développe, ça aussi ça a été étudié. La encore va voir un peu de littérature avant de confondre lieux communs et analyses.
  2. C'est un de ses deux seuls avantages, l'autre étant la compacité. Le répéter en boucle c'est ignorer tous les problèmes liés (sûreté, sécurité, déchets, approvisionnement du combustible).
  3. C'est un argument mort. Ça n'a pas été le cas avec les technos actuelles, l'IA ne change rien au problème de partage du gain de productivité. Ça augmente juste la taille du problème.

je dirais que les LLMs d'aujourd'hui ont un niveau de culture et d'intelligence qui est supérieur à la moyenne des dirigeants humains aujourd'hui.

Je dirais qu'aujourd'hui on a toujours du mal a définir les intelligences, et que la notion de culture est un outil de cohésion sociale humain qui n'est pas applicable aux IA.

La encore va voir un peu de littérature avant de confondre lieux communs et analyses.

Plutôt que de répondre à tes opinions tranchées par mes opinions tranchées, je te propose de te prendre au mot ici et de me dire sur quelle publication tu te bases pour tes affirmations. Parce que bon, sinon c'est un peu du débat dans le vide.

J'en ai marre de faire tes recherches pour debunker l'ensemble des pions que tu essayés d'avancer. Apprends a utiliser un moteur de recherche. Depuis le debut c'est un débat dans le vide.

"Learn to do your research!". Décidément, je quittais Reddit pour piefed, je ne m'attendais pas à tomber sur Facebook.

Regarde l'intégralité de tes posts sur cette discussion. Tu t'es fair debunker sur a peu prêt tout et tu continues. il y a un moment ou, oui, restes dans ta bulle d'énergie nucléaire non polluante, de réseau électrique pas interconnecté, d'IA qui génère pas de CO2, de roleplay IA utile, ou 95% des entreprises qui ont perdu en implémentant de l'IA doivent avoir tort. Mais tout ça c'est juste la faute de Peter Thiel et consort.

La conclusion est effectivement apprends a apprendre au lieu de chercher a avoir raison.

Merci pour tes partages sur les LLM. On est d'accord de pas être d'accord sur les conséquences sur le travail humain mais les contenus que tu partages et tes analyses sont toujours intéressants.

Merci!

Sinon il y a cela aussi. https://jlai.lu/post/38087984

1.avoir des milliards de dollars 2.débaucher des top chercheurs en maths 3.les laisser bosser sur qqch 4.profit

J'ai tout lu. C'est globalement très intéressant. Je retrouve des parties de mon avis des deux côtés. J'ai vraiment du mal a trancher. Dans tous les cas ce genre de fil me permet de mieux organiser ma vision de l'ia. Merci pour la discussion. Merci

Merci, c'est agréable de savoir que ces tartines sont lues et utiles à d'autres!

Cette vidéo est recommandée par la communauté de Tournesol:
[24🌻] Monsieur Phi: Pourquoi les mathématiciens s'inquiètent de l'avenir de leur discipline

#Tournesol est un outil web open-source développé par une association non caritative, qui évalue la qualité des vidéos pour combattre les fake-news et les contenus non recommandables.

Je pose ça dans l'espoir que ça aide à réaliser à quel point les progrès dans le domaine sont rapides et à quel point on devrait prendre au sérieux les énormes changements sociétaux que ça promet, avec notamment la fin du travail humain, dans tous les domaines. La plupart des tâches intellectuelles sont accessibles aux IA et ce n'est plus qu'un problème d'ingénierie à présent.

Si vous avez manqué les investissements massifs qu'il y a dans plein de boîtes de robotique, humanoïdes ou non d'ailleurs, qui s'attendent à pouvoir utiliser ces modèles de façon embarquée dans les prochaines années, sachez qu'il n'y a absolument rien qui semble hors de portée aujourd'hui.

Faut se calmer un peu : les ascenseurs spatiaux, la fusion nucléaire et le revenu universel aussi ne sont "plus qu'un problème d’ingénierie"

Ah non, les ascenseurs spatiaux c'est mort. :)

Roald Dahl nous aurait menti ??

😭

Alors, le revenu universel, les ingénieurs, ils ont fait leur boulot, les économistes aussi. Tout est dans la main des politiques là.

La fusion nucléaire, il y a un petit peu de recherche fondamentale à faire.

Les ascenseurs spatiaux, c'est has-been. Maintenant, on parle plutôt de crochet spatial

Pour moi la fusion c'est de la recherche appliquée maintenant, le côté fondamental est a ma connaissance rodé. A prendre avec un grain de sel, j'ai moins suivi ce sujet, particulièrement sur l'etat des matériaux soutenant les températures requises.

@leftascenter @keepthepace de ce que j'avais compris on a un problème de confinement du plasma, et on n'est pas rentable en énergie sur la fusion.
Si (et pas quand) on résout ces problèmes sur les tokamaks expérimentaux il faudra encore plusieurs décennies pour la version industrielle.
Donc non la fusion va pas nous sauver.

@keepthepace à prendre avec des pincettes ce genre d'annonce.